L’Agence de développement des provinces du sud est sur le point de quitter la capitale pour le Sahara. Un changement dicté par des impératifs politiques et pour se conformer aux recommandations du Conseil économique et social. Explications.

Le transfert de l’Agence pour la promotion et le développement économique et social des provinces du Sud, de Rabat vers une bille du Sahara provoque des grincements de dents de la part de certains fonctionnaires. Le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane a signé le décret pour le transfert, corrigeant ainsi une anomalie. En effet, depuis la création de l'agence, des personnes ont pointé du doigt la difficulté de gérer les problèmes d’une région aussi sensible à partir de la capitale. 

Dans son rapport sur le modèle économique dans la province publié en octobre 2013, le Conseil économique, social et environnemental, présidé par Nizar Baraka, a appelé à une restructuration des missions de gouvernance de l’Agence. Cette proximité avec son champ d’action s’inscrit donc en droite ligne avec la recommandation du CESE.

Dakhla mieux placée que Laâyoune pour accueillir le siège de l’Agence

« Au Sahara, la nouvelle du transfert du siège de l’Agence circule depuis plusieurs semaines dans certains milieux sahraouis », nous confie une source locale. Toutefois, le choix du futur siège de l’APDECPS n’est pas encore tranché. Dakhla et Laâyoune sont les deux points de chute possibles. Néanmoins, la perle du sud a une longueur d’avance sur la capitale du Sahara.

« Des hauts cadres au sein de l’Agence penchent plutôt pour Dakhla », avance la même source. Les grands projets en cours de réalisation dans la ville plaident, notamment, en sa faveur. Sachant que depuis plus d’une année, toutes les manifestations politiques, économiques ou culturelles de grande envergure sont organisées à Dakhla et non plus à Laâyoune, comme c’était le cas auparavant. Les récurrantes tensions politiques que connait la ville pourraient être à l'origine de sa mise à l'écart.

Une source d’emploi pour les jeunes de la région

« Nombreuses sont, en effet, les plaintes émanant de Sahraouis sur le niveau faible de leur présence au sein des services de ladite agence. Son implantation à Dakhla ou Laâyoune, peu importe le lieu, sera sans aucun doute une source de création d’emploi pour les jeunes originaires du Sahara », explique notre interlocuteur. Un autre moyen entre les mains de l'Etat marocain pour calmer les revendications d’une jeunesse exigeant du travail et de surcroît qu'il soit tout près de leurs familles.

Actuellement, cet organisme public a deux directions régionales, une basée à Laâyoune et une autre à Dakhla. Toutes les deux sont confiées à deux fonctionnaires, respectivement issus des tribus des Rguibates et des Oulad Dlim. Alors qu’à Guelmim, elle n’a qu’un bureau.

Enfin, le changement d’adresse de l’Agence du Sud devrait également entraîner un démenagement des Agences du Nord et de l’Oriental, respectivement à Tanger et Oujda.

02/06/2014