Après sa réunion avec Horst Köhler en septembre à New York, le président du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine s’est envolé à Bruxelles pour rencontrer le représentant personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara. L’Algérien a-t-il convaincu l’Allemand d’intégrer le CPS pour trouver une solution au conflit au Sahara, comme le souhaite le voisin de l'Est ?

Le président du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine est à Bruxelles. «L’Algérien Ismail Charki s’est réuni, ce mercredi, avec l’envoyé du secrétaire général des Nation Unies au Sahara occidental, Horst Köhler. Celui-ci se trouve également dans la capitale de l’Union européenne», nous confie une source proche du dossier. Comme son prédécesseur, l’Allemand souhaite un engagement plus prononcé de l’UE dans la résolution du conflit.

 

C’est en effet la deuxième rencontre entre Charki et Kohler en l’espace de quelques mois. La première remonte au 19 septembre 2017 à New York. Elle s’est tenue en marge des travaux de l’Assemblée générale de l’ONU et a duré plus d’une heure.

 

Charki à la recherche d’un rôle pour l’Union africaine

 

Au cours de la rencontre, le président du conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine avait insisté auprès de son interlocuteur, fraichement confirmé dans son poste par Antonio Guterres, d’intégrer l’organisation continentale dans le cadre d’un processus pour trouver une solution à la question du Sahara.

 

 

Chose que le Maroc rejette catégoriquement. En témoigne le discours du roi Mohammed VI du 6 novembre 2017 à l’occasion de la commémoration du 42e anniversaire de la Marche verte. «L’organe onusien (le Conseil de sécurité) étant, de fait, la seule instance internationale chargée de superviser le processus de règlement» du différend territorial, avait-il précisé.

 

Par le passé, Rabat avait accusé le CPS de l’UA d’«impartialité». L’organisme africain, totalement sous l’emprise de l’Algérie et de l’Afrique du sud, avait adopté en juillet dernier une résolution appelant le Maroc et la «RASD» à «s’engager dans des pourparlers directs et sérieux et à apporter la coopération nécessaire aux organes politiques de l’UA, à la Commission et au Haut Représentant de l’UA pour le Sahara occidental».

 

A Bruxelles, la défense des positions du Polisario était au cœur de l’agenda de l’Algérien. «Avant de s’entretenir avec le médiateur onusien, Charki a pris langue avec un haut responsable au sein de la Commission européenne chargé des aides aux réfugiés. Il a notamment demandé à son interlocuteur d’être plus généreux avec le mouvement séparatiste», ajoute la même source.

 

Ismail Charki restera aux commandes du Conseil de paix et de sécurité de l’UA jusqu’en 2021. En revanche, l’Algérie et l’Afrique du sud quitteront le tour de table de l’instance africaine le 31 mars prochain.

 

11/01/2018