Rabat – En lançant lundi depuis Abuja (Nigeria) un appel sans écho en faveur de la mise en place d’un mécanisme de surveillance des droits de l’homme au Sahara, l’Algérie s’est inscrite une nouvelle fois en porte-à-faux contre la volonté sincère du Maroc et des partenaires internationaux de clore définitivement ce dossier, monté de toutes pièces par Alger pour servir ses desseins hégémoniques dans la région.

Fidèles à leur doctrine consistant à brouiller les cartes, les responsables algériens n’ont rien trouvé de mieux que de sortir la carte des droits de l’homme, dans une nouvelle tentative désespérée et sans lendemain, de détourner l’attention des graves violations de ces droits qui se produisent quotidiennement sur leur territoire.

Faut-il rappeler aux responsables algériens, visiblement amnésiques, que le Conseil de sécurité de l’ONU avait, en avril dernier, choisi la voie de la sagesse et de la raison dans sa gestion de la question de l’intégrité territoriale du Maroc, en adoptant une résolution écartant l’inclusion d’une soi-disant composante de surveillance des droits de l’homme dans cette partie du territoire marocain.

La résolution onusienne a mis en valeur l’existence dans les provinces du Sud d’institutions relevant du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) chargées à juste titre de cette mission et salué l’ouverture du Maroc sur les mécanismes onusiens des droits de l’Homme.

Il s’agit en effet d’une résolution qui conforte l’approche marocaine face aux tergiversations des séparatistes du “polisario” et de leurs mentors algériens.

Faut-il le rappeler aussi, nombreux sont les observateurs et juristes internationaux qui ont vu en cette résolution onusienne un triomphe de la légalité d’autant plus que la question du Sahara doit être gérée dans le cadre du chapitre VI de la Charte des Nations unies, stipulant qu’aucune décision ne doit être imposée par le Conseil de sécurité.

Le Maroc fort de la justesse de sa cause et de l’unanimité nationale autour de la défense de son intégrité territoriale, demeure mobilisé pour contrer toute tentative de dénaturer le mandat de la MINURSO et le cadre juridique ayant servi de base pour la mise en place de cette mission.

Comme il est de coutume, le pouvoir algérien use d’attaques médiatiques et de provocations contre le Maroc pour occulter ses difficultés internes, notamment une situation sociale explosive et un imbroglio politique. Cette fois-ci c’est autour des droits de l’homme au Sahara que l’Algérie s’agite, faisant l’impasse sur les dizaines de rapports d’ONGs qui font état d’une dégradation sans cesse alarmante de la situation sociale et des droits de l’homme sur son territoire.

A juste titre, l’organisation internationale de défense des droits de l’homme, Human Rights Watch (HRW), vient de rendre public un rapport accablant, dénonçant le climat d’intimidation et de peur qu’entretient le pouvoir algérien et fait subir aux citoyens, empêchant tout développement d’organisations civiles ou syndicales indépendantes dans ce pays.

L’organisation a également pointé du doigt la répression continue des droits de l’homme, soulignant que les nouvelles lois adoptées en janvier 2012 et l’annonce faite en 2011 de mettre fin à l’état d’urgence dans ce pays n’ont rien apporté de nouveau pour les Algériens en termes de libertés.

Les autorités (algériennes) continuent de recourir aux lois répressives pour museler les dissidents et les activistes des droits de l’homme , a déploré HRW, soulignant que les forces de sécurité et les groupes armés continuent de sévir dans le pays en toute impunité.

Il s’agit d’un bilan lourd pour un pays qui se présente en donneur de leçons, une capacité que les détenteurs du pouvoir à Alger ne peuvent prétendre avoir au moment où ils ne reculent devant rien pour piétiner toutes les valeurs humaines, en sacrifiant même les vies d’employés étrangers innocents, en témoigne la macabre affaire d’In Amenas.

Des spécialistes internationaux et des consultants de grandes multinationales dont le britannique Jeremy Keenan, ont souligné que le pouvoir algérien, représenté par son bras sécuritaire, qui n’est autre que le Département du Renseignement et de la Sécurité (DRS), a concocté toute l’affaire de la prise d’otages sur ce site gazier dans le but de s’imposer aux yeux de l’occident comme le gendarme de la région.

Dans les camps de Tindouf (sud-ouest de l’Algérie), une zone militaire où personne ne peut se rendre sans la permission de l’armée algérienne, les violations des droits de l’homme battent leur plein sous le regard impitoyable des responsables algériens.

Ces derniers continuent d’ignorer sciemment les appels émanant des organisations internationales d’effectuer un recensement des populations des camps et de lever le siège imposé aux sahraouis marocains afin de leur permettre de regagner leur mère-patrie, le Maroc.

Par Abdelghani Aouifia

 

28/10/2013