Comme nous l’avions annoncé le 11 février, l’Arabie Saoudite s’engage -désormais officiellement- à investir au Sahara occidental. L’ambassadeur de Ryad à Rabat a affirmé que des investisseurs de son pays comptent visiter la province en vue d'y préparer la réalisation de projets économiques.

Le Maroc a eu gain de cause. Son appel au royaume wahhabite d’appuyer la marocanité du Sahara par des investissements dans la province a été entendu. Un appui qui va se traduire par la réalisation de plusieurs projets. C’est ce qu’a d’ailleurs affirmé lundi Abdelaziz El Khouja, l’ambassadeur de Ryad à Rabat, à l’issue d’une réunion entre des hommes d’affaires saoudiens et le ministre des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar.

A cet effet, le diplomate a annoncé qu’une délégation d’investisseurs de son pays se rendra dans les prochaines semaines dans les principales villes du Sahara en vue d’évaluer les opportunités sur place.

« C’est un message fort par lequel nous exprimons notre soutien à l’intégrité territoriale du Maroc. Et notre engagement, avec tous nos moyens, au développement de ces provinces », a précisé El Khouja. Et d’ajouter que « les efforts déployés par l’Arabie Saoudite en faveur du développement économique au Maroc contribueront au développement économique de l’Arabie Saoudite ».

Une carte de plus entre les mains du Maroc

La réunion du lundi 7 mars de Rabat est la conséquence directe d’une mission effectuée, le 7 février sur instructions de Mohammed VI, des ministres de l’Intérieur et des Finances. Mohamed Hassad et Mohamed Boussaid avaient remis à cette occasion un message du monarque au roi Salman. C’est d’ailleurs le même message qu’ils ont transmis, quatre jours auparavant, à l’émir du Koweït.

Rabat attend, désormais, de ses partenaires du Golfe non seulement un soutien politique à sa position sur le dossier du Sahara mais également un ferme appui économique par des projets dans la province. Le royaume parie plus que jamais sur l’amélioration des conditions de vie des habitants pour remporter définitivement la « guerre » l’opposant au Polisario et son soutien algérien.

Une carte à jouer alors que « les populations de Tindouf, en Algérie, continuent à endurer les affres de la pauvreté, de la désolation et de la privation et à pâtir de la violation systématique de leurs droits fondamentaux », avait déploré Mohammed VI dans son discours du 6 novembre à l’occasion du 40e anniversaire de la Marche verte.

L’engagement saoudien d’investir au Sahara devrait être suivi par l’arrivée de capitaux en provenance du Koweït, du Qatar et des Emirats.

 

08/03/2016