Depuis que les Catalans, menés par le nationaliste Artur Mas, ont commencé à revendiquer de plus en plus fort l’indépendance de la Catalogne, les membres de l’exécutif espagnol ont banni de leur vocabulaire le mot autodétermination.

Le chef de la diplomatie ibérique José Manuel Garcia-Margallo a tout simplement rejeté toute idée d’organiser un referendum d’autodétermination en Catalogne, comme l’a suggéré le président sortant de la province et candidat aux élections anticipées du 25 novembre, Artur Mas.

Ce rejet vient conforter la nouvelle stratégie du pouvoir central à Madrid dominé par le Parti Populaire de droite, concernant la question du Sahara Occidental.

En effet, depuis que le gouvernement de Mariano Rajoy a pris les rênes du pouvoir, le Parti Populaire qui soutenait de par le passé les thèses du Front Polisario appelant à l’organisation d’un référendum d’autodétermination sur l’avenir du Sahara Occidental, a tourné le dos aux séparatistes du Polisario et la majorité des membres de l’exécutif évitent de prononcer le mot autodétermination, quand ils évoquent la question du Sahara Occidental.

 

Seuls quelques acteurs de la société civile ibérique se permettent encore de soutenir ouvertement les aspirations séparatistes du Polisario, tout comme ils soutiennent d’ailleurs les partisans de l’indépendance de la Catalogne, du pays Basque ou de la Galice.

Quant au gouvernement espagnol, il a clairement déclaré à maintes reprises qu’il soutenait les efforts de l’ONU pour trouver une solution politique négociée et mutuellement acceptable par les parties au conflit.

Selon un ancien diplomate espagnol reconverti dans les études géostratégiques, cette position du PP s’explique, d’une part, par la peur de la contagion séparatiste, et d’autre part, par le souci de préserver les intérêts économiques de l’Espagne dans le royaume chérifien qui sont d’une importance capitale surtout en ces temps de crise. 

Une attitude tout à fait logique, commente l’ancien diplomate, lorsqu’on sait que le Sahara Occidental était sous l’occupation des Espagnols et que ces derniers savent mieux que quiconque que ce territoire faisait partie du territoire marocain avant sa colonisation. En réalité, il ne s’agit ni plus ni moins que d’une reconnaissance de dette.

04/12/2012