Au lendemain du cri de colère poussé par cinq influentes ONG, excédées par le refus persistant d'Alger d'accueillir leurs enquêteurs, l'organisation Track Impunity Always (TRIAL) monte elle-aussi au créneau pour rappeler aux autorités algériennes leurs responsabilités quant au sort non encore élucidé de milliers de disparus.

"Condamnée à une vingtaine de reprises par le Comité des droits de l'Homme des Nations unies, l'Algérie n'a à ce jour entrepris aucune démarche pour mettre en œuvre ses obligations", déplore cette ONG helvétique dotée du statut consultatif auprès de l'ONU.

Dans un communiqué, TRIAL exhorte "une nouvelle fois les autorités algériennes à tout entreprendre pour élucider le sort de près de 10.000 disparus et punir les auteurs de violations massives des droits de l'Homme".

Cette ONG, basée à Genève et regroupant des juristes et des militants associatifs à travers le monde, défend elle-même les cas de douze victimes algériennes de "disparitions forcées, de tortures sévères en détention et de graves violations des droits de l'Homme".

Elle regrette que malgré toutes les démarches effectuées par les familles des disparus, "aucune enquête n'ait été ouverte et aucun responsable poursuivi".

"En Algérie, l'impunité pour les crimes commis durant la guerre civile est absolue", relève son président, Philip Grant, affirmant que ''les condamnations de l'ONU lui rappellent qu'un tel système, même consacré par la loi, viole de manière inadmissible le droit international".

TRIAL est à l'origine de nombreuses plaintes contre des responsables algériens et hauts gradés de l'armée algérienne pour leur implication dans des violations massives des droits de l'Homme et crimes de guerre, notamment lors de la guerre civile des années 90.

Cette semaine, l'Algérie vient d'être mise à l'index par cinq organisations internationales de défense des droits de l'Homme dont Amnesty International (AI) et Human Rights Watch (HRW) qui l'ont appelé à honorer ses engagements en tant que membre du Conseil des droits de l'Homme des Nations unies et à cesser la fermeture des frontières aux enquêteurs de l'organisation internationale et des ONG mondialement reconnues.

L'appel traduit la profonde indignation des principales ONG actives sur la scène mondiale qui s'offusquent du black-out total maintenu et entretenu par les autorités algériennes dans le but de "cacher la situation peu reluisante" des droits humains dans le pays.

De l'avis d'Eric Goldstein, directeur adjoint de HRW pour la zone MENA, "l'Algérie reste le seul pays de la sous-région à bloquer de manière générale l'accès des organisations de défense des droits de l'Homme à son territoire".

13/02/2014