La Ligue Arabe dans le viseur des gouvernants d’Alger

La diplomatie algérienne en soif de victoires et de leadership, ne sait plus à quel saint se vouer dans la bataille politico-diplomatique qu’elle livre au Maroc dans le conflit du Sahara Occidental.

Après avoir tiré à blanc à l’ONU, les gouvernants d’Alger ont tourné le regard vers l’arène plus facile de l’Union Africaine (UA) et à présent ils prennent dans leur viseur la Ligue des Etats arabes, via l’Egypte qui abrite son siège depuis octobre 1990.

L’Algérie ne cache plus son hostilité aveugle contre le voisin marocain mais continue à nier son parti-pris dans le conflit du Sahara Occidental. Elle fait usage de gros moyens surtout financiers dans l’espoir de marquer des points dans la guéguerre diplomatique l’opposant au Royaume.

Pour accéder à la Ligue arabe, les gouvernants d’Alger comptent sur le relais des nouveaux dirigeants du Caire qu’ils considèrent comme redevables envers l’Algérie pour son rôle déterminant dans la réintégration de l’Egypte au sein de l’UA, après sa suspension suite à l’éviction par l’armée du président islamiste élu, Mohamed Morsi.

C’est à ce titre que le président Abdelaziz Bouteflika a invité son homologue Abdelfettah Al-Sissi à effectuer en Algérie, son premier déplacement à l’étranger, avant de rejoindre Malabo, pour le 23ème sommet de l’UA (du 26 au 28 juin 2014).

Officiellement, il y avait des sujets urgents à discuter, notamment les « dossiers stratégiques bilatéraux» et la situation explosive en Libye qui partage ses frontières avec l’Algérie et l’Egypte.

Mais en réalité, comme le note un chercheur algérien à l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), Kader A. Abderrahim, il semblerait que le président Al-Sissi a été « détourné vers Alger, avant de se rendre au sommet de l’UA ».

A travers cette invitation, explique ce chercheur basé à Paris, l’Algérie voulait signifier à la communauté internationale, qu’elle tournait ainsi la page du coup d’Etat de juillet 2013 contre le président Morsi.

En retour, les Algériens attendent un coup de pousse du président Al-Sissi et ses proches collaborateurs dans les dossiers qu’ils considèrent comme stratégiques ou prioritaires et en premier chef, celui du Sahara Occidental.

Pour préparer l’opinion publique égyptienne et arabe à leur nouvelle offensive diplomatique anti-marocaine, les autorités d’Alger ont invité des journalistes égyptiens à une visite guidée dans les camps de Tindouf. La suite est facile à deviner, s’il y a bien entendu une suite, sachant que la Ligue Arabe n’est pas l’Union Africaine, mais Rabat doit rester sur ses gardes.

18/07/2014