L'INSTANCE NATIONALE DES DROITS DE L'HOMME APPELLE L'ONU À INTERVENIR POUR LIBÉRER LA JEUNE SAHRAOUIE MAHJOUBA

L’Instance nationale des droits de l’Homme à Laâyoune a appelé le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon à intervenir pour libérer la jeune sahraouie Mahjouba Mohamed Hamdidaf, toujours séquestrée dans les camps de Tindouf sur le territoire algérien.

Dans une lettre adressée à M. Ban Ki-moon, dont une copie est parvenue à la MAP, la coordination régionale de l’Instance à Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra a revendiqué la libération de Mahjouba et la restitution de son passeport, afin de lui permettre de quitter le territoire algérien immédiatement.

La séquestration et l’arrestation sans motivation et la conduite à des endroits inconnus sans garanties légales constituent une violation flagrante du droit international et des droits humains, tels que reconnus dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme du 10 décembre 1948, indique l’Instance dans sa lettre.

Croyant en l’universalité des droits de l’Homme et soucieuse de leur respect dans les camps de Tindouf, elle fait également part de sa profonde préoccupation quant aux violations des droits de l’Homme à Tindouf en l’absence de tout contrôle onusien.

L’Instance dit également aspirer à devenir un partenaire des efforts de la communauté internationale et à y contribuer par des propositions à même de mettre fin au calvaire de la population des camps de Tindouf et de leur permettre de retrouver leur mère patrie et d’y jouir de l’ensemble de leurs droits économiques, sociaux et culturels, de manière à assurer une solution finale au différend autour du Sahara et à faire face aux fléaux qui prospèrent dans de tels zones de conflit comme le trafic international de drogue et le radicalisme qui se nourrit du désespoir et de la propagation des idées fondées sur la violence, la haine et l’intolérance.

L’organisation internationale Human Rights Watch (HRW) a appelé, samedi à Alger, à permettre à la jeune Mahjouba, séquestrée dans les camps de Tindouf, d’exercer son liberté de mouvement, sans restriction aucune.

« La séquestration d’une personne est un crime grave », a rappelé HRW au cours d’une conférence de presse sur les violations des droits humains dans les camps de Tindouf.

Le front polisario, qui « gouverne les camps », doit « s’assurer que la jeune femme soit en mesure d’exercer son droit à la liberté d’aller et venir en quittant le camp, si elle le souhaite, et de retourner en Europe », a insisté l’ONG internationale.

Et de préciser: « Bien que le Polisario gouverne les camps de réfugiés, c’est à l’Algérie qu’il incombe en fin de compte d’assurer la protection des droits de toutes les personnes vivant sur son territoire ».

Mahjouba, qui travaille depuis quelques mois pour le compte de « Marie Curie Fondation Care » à Londres, et qui comptait poursuivre ses études supérieures dans la capitale britannique, s’est rendue l’été dernier à Tindouf pour visiter ses parents biologiques. Elle s’est vue ensuite retirer son passeport et son argent pour empêcher son retour en Europe, qui était prévu le 18 août dernier.

20/10/2014