NÉGOCIATIONS. Tel est le mot d’ordre de l’ambassadeur du Maroc aux Nations unies, en matière de résolution du conflit du Sahara marocain. Mohamed Loulichki a annoncé la couleur lors d’une conférence donnée au Centre des études sahariennes à la faculté de droit de Rabat. C’est une salle comble et attentive qui a suivi les développements de l’affaire de l’intégrité territoriale. «Le conflit du Sahara, que ce soit dans le cadre de l’ONU ou ailleurs, est au fond un différend entre le Maroc et l’Algérie et ne peut être résolu qu’entre ces deux pays», a-t-il souligné. Cela dit, il ne faut pas miser sur les résolutions de l’ONU. Car «le Conseil de sécurité prône une solution consensuelle, basée sur la paix », a-t-il ajouté. Pour le diplomate marocain, le Plan d’autonomie proposé par le Maroc est l’unique piste pour sortir de cette impasse. Il répond parfaitement aux recommandations des Nations unies, notamment en matière de résolution pacifique du conflit. De plus, la proposition marocaine est la plus adéquate car «elle peut connaître des modifications si l’autre partie accepte de négocier sur cette base». «Ce qui reste conditionné par la volonté politique du Polisario et surtout de l’Algérie», estime Loulichki. L’accent a été également mis sur la nécessité de l’implication des autres pays du Maghreb que sont la Mauritanie, la Tunisie et la Libye. Or, «cela ne sera pas facile, d’autant plus que ces Etats traversent une crise socio-économique et surtout politique», a relevé Loulichki. Pour lui, si l’Union du Maghreb Arabe aboutit, cela constituera un pas positif dans la résolution du conflit. Mais en attendant que l’UMA voit le jour et que le Polisario et l’Algérie acceptent de négocier, le Maroc ne restera pas les bras croisés. Il continuera à défendre sa proposition et à travailler sur le développement socio-économique de la région. Ce chantier a déjà été lancé, notamment avec la note de cadrage relative au nouveau modèle du développement des provinces du sud. Son concepteur, à savoir le Conseil économique, social et environnemental, avait relevé un important investissement de l’Etat en termes d’infrastructures et de services sociaux. Mais pour Mohamed Loulichki, l’investissement public ne suffit pas, à lui seul, à favoriser le décollage de la région. «Les acteurs privés doivent également y investir car ces provinces disposent de ressources humaines qualifiées», a conclu le diplomate.

Médiation

MOHAMED Loulichki n’a pas manqué de commenter les dernières sorties de l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, Christopher Ross. Ce dernier s’était disqualifié en adoptant une version pro-algérienne. Pour l’ambassadeur, le médiateur sur le dossier du Sahara ne devrait pas adopter une telle position, mais plutôt préserver la neutralité, indispensable à la réussite de sa mission.

13/03/2013