L'UE doit prendre position en faveur d'une gestion efficace de la sécurité à Tindouf

Bruxelles - L'eurodéputé socialiste français Gilles Pargneaux a appelé, lundi, l'Union européenne à prendre position en faveur d'une gestion efficace des frontières, des populations et de la sécurité dans les camps de Tindouf dans le sud-ouest algérien.

"L'affaire des détournements de l'aide humanitaire destinée aux camps de Tindouf jette une lumière crue sur le conflit du Sahara et souligne la nécessité pour l'UE de prendre position en faveur d'une gestion efficace des frontières, des populations et de la sécurité dans les camps de Tindouf", a affirmé M. Pargneaux lors d'une réunion à Bruxelles de la Commission du contrôle budgétaire (CONT) au Parlement européen.

M. Pargneaux a souligné à ce propos que le plan d'autonomie proposé par le Maroc pour régler définitivement le différend régional autour du Sahara apporte une réponse efficace à toutes ces questions qui concernent aussi bien la population de Tindouf que la sécurité régionale.

La menace terroriste qui pèse sur l'ensemble de la région du Sahel et l'infiltration des camps de Tindouf par les groupes jihadistes rendent urgent le règlement de la question du Sahara et interpellent la communauté internationale qui doit agir en urgence pour empêcher l'éclosion et le développement de foyers de tension aux portes de l'Europe, avait-il prévenu.

Le Parlementaire européen a également exprimé son soutien à la présidente de la Commission CONT, Ingeborg Grassle, qui a affirmé que l'Office européen de lutte anti-fraude (OLAF) aurait dû recommander à la Commission européenne d'émettre un ordre de recouvrement de l'aide humanitaire détournée de façon organisée depuis plusieurs années au profit de hauts officiels algériens et des dirigeants du Polisario.

M. Pargneaux, qui s'est interrogé pourquoi le rapport de l'OLAF sur le détournement de l'aide humanitaire destinée aux populations de Tindouf n'a été rendu public que sept ans après son élaboration, a affirmé que le Parlement européen doit exiger la publication intégrale de ce rapport dont une grande partie reste confidentielle notamment les noms des acteurs impliqués dans ce système de fraude à grande échelle.

L'identité des personnes impliquées dans ce business de l'aide humanitaire doit être révélée car "il s'agit d'une question de transparence essentielle", a-t-il insisté.

Un rapport de l'OLAF datant de 2007 et rendu public fin janvier dernier après une intervention du Médiateur européen fait état de détournements massifs de l'aide humanitaire internationale destinée aux camps de Tindouf.

Seule la partie de l'aide permettant aux populations des camps de Tindouf de survivre est distribuée. La majeure partie de cette aide est vendue pour le compte de hauts officiels algériens et des dignitaires du Polisario, souligne le rapport de l'OLAF qui attribue ces détournements à la surestimation du nombre de la population de Tindouf et donc des aides fournies.

L'UE soutient financièrement les camps de Tindouf depuis 1975, sur la base d'une population évaluée par les autorités algériennes à 155.000 personnes. Ni l'Algérie ni le Polisario n'ont accepté qu'un recensement des populations de ces camps soit organisé malgré les appels répétés de l'ONU et ce, en vue de continuer à tirer profit de la manne humanitaire.

24/02/2015