Le chef de la diplomatie espagnole José Manuel Garcia-Margallo n’écarte pas que l’ONU ait recours “à la formule d’une prolongation technique de deux mois“.

 «Si nous ne pouvons approuver le pré-rapport sur la Minurso au 30 avril, il est possible de recourir à la formule d’une prolongation de deux mois».  C’est en ces termes que le ministre espagnol des Affaires étrangères J.M. Garcia-Margallo, a jugé mardi soir la situation au Conseil de sécurité (CS).

 

 Madrid est membres du groupe des 15 Etats-membres du CS et soutient globalement le Maroc dans sa proposition d’autonomie. La France, l’Egypte, le Japon et le Sénégal sont également aux côtés du Maroc.

 

“Atmosphère irrespirable“

 

Garcia-Margallo a reconnu selon l’agence Europa Press que «l’atmosphère est devenue irrespirable», après l’affrontement qui a opposé le Maroc au secrétaire général (SG) de l’ONU Ban Ki-moon, suite aux déclarations du secrétaire général de l’ONU sur «l’occupation» du Sahara, lors de sa visite à Tindouf.

 

Les Etats-membres du Conseil de sécurité (CS) examinent cette semaine le rapport de Ban Ki-moon sur le mandat de la Minurso. Le secrétaire général a demandé le prolongement de la mission pour la période allant du 1er juillet 2016 au 30 juin 2017 et un budget de 54 millions de dollars. Un débat sur ce sujet doit avoir lieu le jeudi 28 avril et un vote doit intervenir en principe le vendredi 29 avril.

 

Une suspension du mandat de la Minurso, en attendant le choix d’un nouveau secrétaire général par les Nations-Unies ou la limitation du mandat des Casques bleus au strict travail de supervision du cessez-le-feu de 1991 ne serait pas pour déplaire à Rabat. Outre une résolution votée en 1991 et restée à moitié ineffective, le conflit avec le polisario et Alger dure depuis la fin de l’année 1975, il y a plus de 40 ans.

 

Le rapport de Ban Ki-moon sur la Minurso remet sur la table l’option du référendum, alors que la mission onusienne a été incapable de réaliser un recensement depuis 25 ans, notamment à Tindouf. Un premier recensement de l’ONU à Tindouf avait été contesté par Alger et le polisario.

 

 Par ailleurs, du point de vue marocain, le rapport ne fait pas mention de la proposition d’autonomie pour les provinces du Sud du royaume ou de la politique de régionalisation, ni des sérieuses avancées politiques et sur le plan de la gouvernance.

 

Le rapport  n’évoque pas les importants investissements en cours dans les mines, l’agriculture, la pêche, le tourisme, le développement durable et la formation. Enfin, il fait une impasse complète sur le préambule de la Constitution marocaine de 2011, qui cite des composantes «arabo-islamique, amazigh et saharo-hassanies» nourries et enrichies «de ses affluents africain, andalou, hébraïque et méditerranéen».

20/04/2016