Le premier contact entre une délégation marocaine et Horst Köhler s’est plutôt bien déroulé. Le Maroc a réitéré ses conditions pour le règlement du conflit. Une position qui tranche avec la ligne prônée par le médiateur allemand.

Une délégation marocaine conduite par le ministre des Affaires étrangères s’est réunie, hier à Lisbonne, avec Horst Köhler. «Globalement, les discussions se sont déroulées dans une atmosphère de sérénité et les débats ont été riches et fructueux. L’atmosphère a été celle du sérieux et du respect mutuel», a déclaré Nasser Bourita à la presse, au terme de ce premier contact entre les deux parties.

«Il ne s’agit ni d’un processus de négociation, ni d’une négociation, mais d’un contact pour discuter de l’évolution du dossier du Sahara marocain», a-t-il précisé. Ainsi, le chef de la diplomatie balaie d’un revers de main toutes les spéculations sur un éventuel feu vert de la partie marocaine à la proposition du médiateur allemand, celle de relancer un nouveau round de négociations directes avec le Polisario. Une offre acceptée par l’Algérie et le Front

Les quatre conditions du Maroc

Le ministre a souligné que la délégation marocaine était arrivée à venue à cette réunion avec le référentiel contenu dans le discours du roi Mohammed VI du 6 novembre 2017, à l’occasion de la commémoration du 42e anniversaire de la Marche verte. Le souverain avait alors défini les quatre paramètres pour la poursuite du processus mené sous l’égide des Nations unies.

Et Bourita de les rappeler : «la solution doit être dans le cadre de la souveraineté du royaume, de son intégrité territoriale et de son unité nationale (…) Le processus devrait inclure toutes les parties prenantes à ce différend, les véritables parties qui ont été à l’origine de ce différend régional (…) Il doit être sous l’égide exclusif et des Nations unies, sans l’intervention d’aucune autre organisation régionale ou internationale (…) Il doit porter essentiellement sur les questions politiques, loin de toutes les questions périphériques qui sont souvent intégrées dans les discussions pour dévier le processus de ses objectifs principaux.»

Ces conditions, réitérées par le chef de la diplomatie, tranchent avec la ligne suivie jusque-là par Horst Köhler. Ce dernier parie sur l’Union européenne et l’Union africaine pour jouer un rôle dans la solution du différend territorial. Ce que le Maroc conteste.

L’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental devra présenter, fin mars et à huis-clos, un briefing devant les membres du conseil de sécurité sur l’évolution du dossier.

A Lisbonne, la délégation marocaine conduite par Nasser Bourita a inclus Omar Hilale, représentant permanent du royaume auprès des Nations unies, Sidi Hamdi Ould Errachid, président de la région Laâyoune-Sakia El Hamra et Ynja Khattat, président de la région Dakhla-Oued Eddahab.

07/03/2018