Le Mouvement jeunes pour le changement dans les camps de Tindouf vient de nouveau de faire parler de lui. Son dernier enregistrement annonce la création d’un bataillon, appelé « Dcheira ». Un nom qui renvoie à une page glorieuse de l’histoire de l’Armée de libération, à savoir la bataille qui a eu lieu le 13 janvier 1958.

La nouvelle vidéo a été diffusée par la chaîne saoudienne Al Arabiya et non comme ce fut le cas auparavant par la chaîne télé de Laâyoune, un choix qui aurait été, semble-t-il, la conséquence de la publication d’informations mettant en doute la version de la chaîne régionale de la SNRT sur l’«opération d’infiltration» des camps de Tindouf par le MJPC.

Ce dernier a lancé, par ailleurs, un appel aux milices et aux différents commandants des régions militaires en vue de constituer d’autres bataillons afin de réaliser un double objectif, à savoir «assurer la défense des membres du Mouvement jeunes pour le changement » qui sont la cible d’attaques répétées de la part des propagandistes du Front et «évincer l’actuelle direction du Polisario».

Le reste de la nouvelle vidéo ne diffère en rien des autres enregistrements déjà diffusés par Laâyoune TV. Y figure, en effet, un violent réquisitoire contre les amis de Mohamed Abdelaziz qui s’accrochent au pouvoir depuis 40 ans et refusent de prendre langue avec leurs opposants.

A signaler à ce propos que dans une étude intitulée « Le printemps arabe souffle sur le front Polisario », l’expert américain Mickael Robin, chercheur à l’institution American Enterprise Institution, a précisé que le Mouvement de la jeunesse pour le changement qui a été créé en février dernier dans les camps de Tindouf, revendique simplement le départ de la direction corrompue du Polisario qui est le maître incontesté depuis 40 ans.

Les jeunes de ce mouvement accusent les dirigeants du Polisario de contribuer à la pérennité de cette situation pour réaliser des intérêts personnels. Dans son écrit, l’expert américain s’est penché sur les détournements de l’aide internationale destinée aux populations des camps, pour l’enrichissement des dirigeants. Détournements dénoncés par les membres du jeune mouvement, sur les antennes de la chaîne de télévision Al Arabiya.

L’expert et conférencier américain qui travaille également pour le centre Naval Postgradit Schols Center For Civil and Military relations a indiqué que Mohamed Lamine, porte-parole du mouvement, a déclaré sur les antennes de la chaîne satellitaire que quand les membres du mouvement dénoncent cette situation, ils sont qualifiés de partiaux et de proches du Maroc. Robin Mickael a exprimé avec regret la séquestration des habitants des camps auxquels on refuse le droit de retour volontaire parmi les leurs, soulignant sa désapprobation de l’empêchement des parents de voyager avec leurs enfants dans le cadre des visites interfamiliales que supervise le HCR. Le fait de retenir leurs enfants dans les camps, constitue l’unique manière de garantir le retour des parents, ajoute-t-il.

L’expert américain s’est demandé comment on peut admettre le départ des enfants vers Cuba où ils subissent le lavage de cerveau. Avant de conclure que la vie dans les camps constitue une galère et une vie infernale.

Par ailleurs et lors d’une rencontre à Nouakchott, Maârouf Balkhir et Biram Ould Dah Ould Abeid, respectivement présidents de l’Association des fils de Sakia El-Hamra et Oued Eddahab à Tindouf de l’IRA, une organisation anti-esclavagiste mauritanienne, ont examiné le dossier de l’esclavage dans les camps de Tindouf.

Ils ont violemment dénoncé cette pratique ignoble.

AHMADOU EL-KATAB/LIB

10/06/2014