L'Organisation marocaine des droits de l'Homme (OMDH) s'est félicité qu'aucune des personnes poursuivies dans l'affaire de Gdeim Izik, n'ait été condamnée à la peine capitale, même si les faits qui leur sont reprochés sont passibles de la peine de mort.

Dans son rapport préliminaire sur le procès de Gdeim Izik, présenté jeudi à Rabat, l'OMDH a réitéré sa position prônant l'abolition la peine de mort. 

L'organisation a en outre exprimé sa satisfaction de voir le tribunal militaire de Rabat accorder le temps nécessaire aux accusés pour se défendre et faire face aux accusations retenues contre eux, chose que ces derniers ont exploité pour "véhiculer un discours politique n'ayant aucun rapport avec le procès", d'avoir fourni à la défense toutes les conditions favorables à l'accomplissement de sa mission et donné suite à toutes les requêtes fondées. 

Dans ce sens, l'OMDH a salué le climat serein ayant marqué toutes les étapes du procès ainsi que la permission accordée aux témoins à décharge de faire leurs dépositions sans contrainte ni crainte. 

L'OMDH a également loué "les conditions propices offertes pour faciliter le travail des observateurs nationaux et étrangers, notamment la traduction vers le français, l'anglais, l'espagnol et le hassani" ainsi que la compassion dont ont fait montre le tribunal et la défense des accusés envers les familles des victimes. 

En revanche, l'Organisation a relevé la "la longue durée de la détention préventive (plus de deux ans) et le rejet des demandes d'expertise médicale formulées par trois accusés qui auraient fait l'objet de torture. A ce titre, l'OMDH a recommandé la révision du système judiciaire et du code de procédure civile et pénale. 

Le président de l'OMDH, M. Mohamed Nechnach, a indiqué que le procès s'est déroulé dans des conditions normales, estimant que la non condamnation des accusés à la peine capitale est un signal fort que le Maroc a entamé une nouvelle phase marquée par la non exécution de la peine de mort. 

Le Tribunal militaire de Rabat avait prononcé, dans la nuit de samedi à dimanche dernier, des peines allant de 2 ans de prison à la réclusion à perpétuité à l'encontre des accusés dans les événements liés au démantèlement du camp de Gdeim Izik à Laâyoune. 

Les accusés étaient poursuivis pour "constitution d'une bande criminelle, violences contre les forces de l'ordre ayant entraîné la mort avec intention de la donner et participation". 

 

21/02/2013