Le satellite Mohammed VI, financé par des fonds propres et géré par cent ingénieurs marocains, a permis de changer “le rapport de force” à la faveur du royaume du Maroc, face à un voisinage résolument hostile. Décryptage.

 

Le 4 avril 2018, siège de l’ONU, côté East River, à New York. Le MAECI, Nasser Bourita, a un rendez-vous particulier avec Antonio Guterres. A peine eut-il le temps d’échanger la rituelle poignée de mains avec son illustre hôte, qu’il passe déjà à table. Avec sur les bras, une fois n’est pas coutume, un dossier bien documenté au sujet du mouvement suspect du front séparatiste du Polisario, grisé par le soutien militaire d’Alger, non seulement dans la bande tampon s’étendant sur 5 kilomètres à l’est du dispositif de défense marocain, théâtre depuis l’été 2016 d’incursions répétitives de la part d’éléments armés du Polisario, mais également sur les localités de Bir Lahlou et de Tifariti que le Polisario nomme sournoisement “territoires libérés“, alors qu’elles se trouvent dans une zone où aucune activité ou construction de nature à en modifier l’apparence n’est tolérée. Ces incursions étaient connues de tout le monde, et avaient été condamnées respectivement par le SG de l’ONU et le Conseil de sécurité, qui avait ordonné au Polisario, dans sa résolution 2351 (adoptée fin avril 2017), "un retrait immédiat de Guerguerat".

 

En effet, le déplacement du MAECI à l’ONU n’a pas été motivé que par le flux et reflux des éléments polisariens dans la zone tampon. Nasser Bourita avait quelque chose de bien plus grave à transmettre au SG de l’ONU. Tenez, des images tout juste recueillies par le Satellite Mohammed VI sur le début de "transfert par le Polisario de ses fonctions administratives à Bir Lahlou" qu’il a auto-proclamée "capitale" de la chimérique "RASD". 

 

Vous avez bien lu: des images tout juste recueillies par le satellite Mohammed VI, mis sur orbite le 8 novembre 2017 depuis le pas de tir de Kourou en Guyane française.

 

Nous sommes donc à cinq mois à peine du lancement du premier satellite espion marocain, et le résultat permis par ce bijou technologique qui fait entrer le Maroc de plain pied dans le select club des puissances spatiales mondiales n’a pas tardé à se manifester.

 

Admirez l'exploit: le satellite Mohammed VI est capable de prendre 500 photos en haute définition quotidiennement permettant ainsi d'actualiser la base de données de la station terrestre toutes les six heures. Un objet de 50 centimètres peut être photographié en haute résolution. Il est aussi capable de faire un tour complet autour de la Terre toutes les 97 minutes à 27. 000 km/ h.

 

Décidément, rien ne devrait désormais échapper aux "vigiles qui veillent", et la partie ennemie n’a qu’à bien se tenir. Le satellite Mohammed VI est capable de détecter le moindre mouvement suspect chez la partie adverse, précisément à l’autre bout de la frontière est du royaume. Une prouesse qui donne au renseignement militaire marocain une nette longueur d’avance difficile à rattraper, tant et si bien que la durée de vie du satellite marocain est bien de 5 ans. Pendant ce temps, les généraux algériens et leurs marionnettes séparatistes n’ont qu’à sourire. Rabat les observe.

 

Affolé par cette prouesse, accomplie en toute discrétion, et dont les soi-disant redoutables services algériens n’ont rien vu venir, Alger a vite annoncé le lancement d’un satellite algérien, acheté aux Chinois. Il s’agit en fait d’un satellite de télécommunication qui ne permet absolument pas les mêmes prestations que le satellite marocain. «Pour pouvoir se doter d’un satellite similaire à celui du Maroc, Alger a besoin au moins de quatre ans. Des années très longues. Pendant ce temps-là, le Maroc observe et identifie les cibles fixes et mobiles», affirme un expert à le360.

 

100 ingénieurs marocains aux leviers de commande

 

Le satellite Mohammed VI est piloté par une centaine d’ingénieurs marocains. Ces ingénieurs, issus de l’Agence Nationale de la Conservation Foncière du Cadastre et de la Cartographie (ANCFCC) et de la Direction générale des études et de la documentation (DGED), ont été solidement formés pendant trois ans dans une discrétion totale. Et aujourd’hui, ils sont à 100% opérationnels.

 

La livraison des missiles par le Hezbollah au Polisario, via l’ambassade d’Iran à Alger, a probablement aussi été observée par le satellite Mohammed VI. Les preuves irréfutables dont parle Bourita sont aussi des preuves matérielles fournies par un satellite qui est en train de modifier le rapport de force entre le Maroc et l’Algérie.

 

Et ce n’est pas tout! Le Maroc se prépare à lancer, fin 2018, un deuxième satellite Mohammed VI, dont le périmètre d’intervention concerne toute la région sahélo-saharienne, devenue un terreau propice aux groupes jihadistes de tous poils bénéficiant de la porosité des frontières algériennes, voire la complicité des services du voisin de l'est.

06/05/2018