Maroc-Algérie : Hocine Aït Ahmed aurait exprimé le souhait d’être enterré au royaume

Hocine Aït Ahmed, « le dernier des chefs historiques » du Front de libération national algérien, encore vivant, serait-il enterré au Maroc ? L’information, relayée par plusieurs médias algériens, n’a pas encore été confirmée par l’intéressé, néanmoins les liens politiques et familiaux unissant le leader du FFS et le royaume sont très solides et remontent aux années 50.

Le célèbre opposant algérien Hocine Aït Ahmed, le président d’honneur du parti le FFS (Front des forces socialistes) souhaite être enterré au Maroc, indique le site amazigh izawawen. Le kabyle, âgé de 82 ans, considéré comme « le dernier des chefs historiques » du FLN encore en vie, romprait ainsi, le dernier cordon ombilical qui le lie à son pays d’origine. Lui qui vit depuis cinquante ans dans son exil volontaire dans la région de Lausanne en Suisse. C’était sa manière de ne pas cautionner le coup d’Etat de 1965, mené par le colonel Houari Boumédiène contre le président Ahmed Ben Bella.

Un choix logique

Le souhait d’Aït Ahmed ne constituerait pas une surprise. L’homme a toujours maintenu de très bonnes relations avec le royaume et sa classe politique, notamment les leaders du mouvement nationaliste. Il était, d’ailleurs, l’un des habitués aux cérémonies d’ouverture des congrès de l’USFP. Une proximité qu’il a toujours affichée et en a toujours assumé les conséquences.

Aït Ahmed, contrairement à la version officielle en Algérie, a toujours défendu le roi Mohammed V, que le FLN accuse, jusqu’à aujourd’hui, d’implication dans le détournement par les services secrets français de l’avion qui transportait six leaders algériens, en 1957 au Maroc.

Outre cette proximité politique, une partie de la famille d’Aït Ahmed a choisi de s’installer définitivement au Maroc. Sa sœur, décédée il y a une semaine, est enterrée au Maroc. Hocine était présent à ses funérailles alors qu’il n’a pas assisté au congrès de son parti le FFS qui se tenait le même jour à Alger.

Sur les traces d’un autre kabyle

Avant la publication de cette information, des médias locaux proche du pouvoir avançaient que Aït Ahmed aurait vendu sa villa dans la capitale algérienne, soutenant au passage que le président Abdelaziz Bouteflika l'aurait autorisé à transferer la somme de la vente en devises vers la Suisse.

Un autre grand kabyle, le penseur Mohamed Arkoun est enterré au Maroc, précisément à Casablanca, depuis septembre 2010. Le rapatriement du corps de la France vers le royaume avait connu une certaine réticence d’une partie de sa famille en Algérie mais sans parvenir à modifier les dernières volontés exprimées par l’écrivain. Lui aussi son choix était logique. Poussé à l'exil par le régime en place en Algérie, il était célébré et accueilli avec les honneurs au Maroc.

27/06/2014