Dix jours après les déclarations belliqueuses du ministre algérien des Affaires étrangères, l’ancien rédacteur en chef de "Djeïch" (revue de l'Armée nationale populaire) qui a visité plusieurs fois le Maroc, affirme que son pays garde ses frontières terrestres fermées avec son voisin pour que ses citoyens ne puissent pas constater par eux-mêmes les avancées économiques du Maroc et faire des comparaisons douloureuses pour le régime.

Les récentes déclarations de Abdelkader Messahel au sujet du Maroc montrent à quel point les dirigeants algériens ont perdu leur sang-froid. Et à quel point ils ne trouvent plus d'arguments contre une certaine réussite diplomatique et économique marocaine.

 

Soutenues quelques jours plus tard par le Chef du gouvernement algérien, ces déclarations n’ont pas convaincu Hichem Abboud, ex-rédacteur en chef de la revue officielle militaire «Djeïch» qui, du fait de son passé militaire, est peu suspect de complaisance envers son voisin de l’Ouest.

 

Ce qu'il développe comme analyse est très intéressant: le point central désormais qui cristallise les tensions, ce sont les comparaisons. Si l'Algérie refuse de réouvrir la frontière, invoquant à chaque fois des arguments nouveaux, c'est uniquement pour éviter un afflux massif d'Algériens au Maroc, afflux qui permettrait d'effectuer des comparaisons peu avantageuses pour l'Algérie, un pays qui a gaspillé une grande partie de sa manne pétrolière.

 

Dans une vidéo datant du 27 octobre dernier, le journaliste revient sur les réalisations observées lors de ses récents voyages dans plusieurs villes marocaines en les comparant avec celles de son pays. 

 

Selon lui, la fermeture des frontières qui s’éternise depuis près de 25 ans s’explique simplement par l’échec du pouvoir algérien à développer le pays et sa hantise que les Algériens puissent constater les avancées marocaines en termes d’infrastructures. 

 

Ci-après, les déclarations du journaliste algérien qui relate ses constations au Maroc qui l’ont "rendue malade".

 

"Notre voisin n’a ni pétrole ni gaz mais il est impossible de comparer Casablanca, Rabat ou même Tanger avec Alger. Notre ministre nous explique que le Maroc exporte du haschich pour financer son économie et ses investissements en Afrique.

 

"Si l’on prend en compte cette prétendue source de revenus, ainsi que celles du tourisme, des exportations d’automobiles et de l’agriculture, on se rend compte qu’elles ne représentent pas le quart des recettes des exportations algériennes en pétrole et que malgré cela, le Maroc nous dépasse partout", assène Hichem Abboud.

 

"Messahel insulte leur compagnie aérienne qui est l'une des plus dynamiques en termes d’ouverture de nouvelles lignes alors que de notre côté, celles de la Somalie et du Soudan sont loin devant nous. Le Maroc accueille 10 millions de touristes/an alors que nous recevons 1,5 million dont la majorité est constituée d’Algériens immigrés. Si nous sommes si riches, pourquoi nos concitoyens ne peuvent sortir que 100 euros à l’étranger alors que les Marocains ont droit à une dotation de 4.000 euros?

 

"Depuis 2012, le Maroc a produit trois millions d’automobiles et va atteindre un rythme annuel d’un million alors que notre record absolu a été de 67.000 véhicules par an. Selon Messahel, l’Algérie dépasse de loin le Maroc alors qu’un seul dirham marocain est l’équivalent de 200 dinars algériens", dénonce l’exilé politique qui ajoute que les monnaies bradées sont l’apanage des économies faibles.

 

"Le Royaume aura un TGV opérationnel en 2018 alors que notre nation pétrolière n’a même pas de double voie ferroviaire. Dans quelques jours, il lancera un satellite d’observation acheté à 500 millions d’euros à la France alors que nos responsables se contentent d’acquérir des biens immobiliers dans les beaux quartiers parisiens. Où sont passés les 1000 milliards de dollars qui se sont évaporés qui n’ont même pas permis de construire un nouvel hôpital?. Nos stades de football datent de l’indépendance alors que le Maroc dispose d’infrastructures pour organiser la coupe du monde de 2026", poursuit le journaliste sous le coup d’un mandat d’arrêt de son pays.

07/11/2017