Selon plusieurs médias israéliens, le Maroc aurait protesté auprès d'Israël via l'une de ses ambassades en Europe contre la rencontre du ministre du Likoud Ayoub Kara avec le chef du Polisario, lors de l'investiture du nouveau président équatorien Lenin Moreno le 24 mai à Quito.

Rappelez-vous: le 26 mai dernier, le360 rapportait qu'un ministre du Likoud, Ayoub Kara pour ne pas le nommer, rencontrait le chef du Polisario, en marge de l'investiture du nouveau président équatorien, Lenin Moreno, le 24 mai à Quito, capitale de la République d'Equateur, pays d'Amérique du Sud reconnaissant la "RASD". Maintenant, c'est le ministère israélien des Affaires étrangères qui confirme. Répondant à un message marocain qui lui aurait été transmis via l'une de ses ambassades en Europe, le MAE israélien a précisé que cette rencontre s'était déroulée sans que le ministre du Likoud controversé ait demandé une autorisation préalable du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, rapporte le journal israélien en ligne Arutz Sheva.

 

Hier mercredi 21 juin, la deuxième chaîne de télévision israélienne s'est faite l'écho de "vives protestations" transmises par le Maroc via une ambassade d'Israël en Europe, contre la rencontre entre le ministre Kara (Likoud) et le Premier ministre de la RASD, Abdelkader Taleb Omar", a en effet indiqué Channel 2 News.

Ce jeudi 22 juin, c'est le très sérieux journal "The Times of Israel" qui certifie que le ministre du Likoud en question "n'a pas reçu l'approbation officielle" de la part du premier ministère israélien pour rencontrer le responsable du Polisario, encore moins pour se laisser prendre en photo avec lui.

 

L'acte du ministre du Likoud n'aurait pas été du goût du ministère israélien des Affaires étrangères, pas plus d'ailleurs que des médias algériens qui ont été nombreux à s'interroger: "comment un ministre (Ayoub Kara) aurait pu assister à une fonction officielle à l'étranger sans recevoir une séance d'information préalable". "Israël n'a pas de relations diplomatiques officielles avec le Maroc, mais l'Etat nord-africain est considéré comme l'une des plus sympathiques nations du monde arabe envers Israël. Environ 45.000 touristes israéliens visitent le Maroc chaque année", relève en effet The Times of Israel.
 

 

Le ministre israélien dans l'oeil du cyclone médiatique

 

Réagissant au "désaveu" du ministère israélien des Affaires étrangères, le ministre du Likoud, Ayoub Kara, a effectué cette déclaration: "Il est regrettable que mon image en tant que représentant du gouvernement israélien soit à nouveau ternie, alors que mon but est de chercher à faire avancer la paix entre Israël et le monde arabe".

 

Dans la tentative de minimiser l'importance de cette rencontre, le ministre israélien a argué qu'elle "a été brève" autant que "la poignée de mains avec de nombreuses personnalités présentes à la cérémonie d'investiture du nouveau président équatorien".

Il n'en demeure pas moins que la rencontre controversée a valu au ministre du Likoud une véritable volée de bois vert de la part des médias israéliens. L'une des critiques les plus acerbes a en effet été décochée par The Times of Israël. "Ce n'est pas la première fois que Kara a suscité la controverse autour de ses actions non sanctionnées", constate la publication. "En octobre 2016, le ministre Kara a attiré au ministère des Affaires étrangères une vive condamnation quand, lors d'une visite en Italie, il a suggéré que les tremblements de terre puissants dans ce pays étaient le châtiment divin pour les actions anti-Israël menées aux Nations unies", rappelle en effet la publication israélienne.

23/06/2017