L’UA africaine a récemment réagit à l’expulsion des membres de la Minurso par le Maroc en demandant une audition de son envoyé spécial pour le Sahara devant le Conseil de sécurité des Nations Unies. Et hier, Joakim Chissano été reçu au grand dam du Maroc qui avait interpelé Ban Ki-moon, deux jours plus tôt, sur cette « implication » de l’UA jugée partiale dans ce dossier dans lequel cette dernière reste partiale.

C’est sur un ton, à la fois, ferme et diplomatique que le ministre des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar s’adresse au Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon dans une lettre datée du 24 avril 2016. Il y réitère l’« opposition catégorique » [du Maroc] à toute implication ou rôle de l’Union africaine dans le dossier du Sahara marocain ».

Le ministre réagissait ainsi à la demande de la présidente de la Commission de l'Union africaine (UA), Nkosazana Dlamini-Zuma faite par courrier à Ban Ki-moon le 13 avril dernier. Réagissant à l’expulsion des 83 membres de la Minurso, la Sud-africaine invitait le SG de l’ONU à plaider pour une rencontre de l’envoyé spécial de l’UA pour le Sahara occidental, Joaquim Chissano, avec le Conseil de Sécurité.

A ce propos, Mezouar a exprimé le « rejet le plus ferme des tentatives répétées d’interférence » de l’UA dans l’examen de la question du Sahara marocain par le Conseil de Sécurité. Le ministre rappelle également au SG de l’ONU que cette « position claire et ferme » du Royaume a déjà été affirmée à plusieurs reprises, notamment dans une lettre du roi Mohammed VI adressée à Ban Ki-moon en juin 2013, ou encore plus récemment en Avril 2015.

« Intrusion préjudiciable et inacceptable »

Le ministre a notamment évoqué l’« absence totale de neutralité » de l’UA dont la position « reprend celle de l’Algérie et du Polisario complètement à l’opposé des résolutions du Conseil de sécurité ». Pour Rabat, cela suffit pour considérer comme compromise, la crédibilité de l’UA sur ce dossier.

Dénonçant une « tentative de torpillage » ainsi qu’une « intrusion préjudiciable et inacceptable qui auraient des conséquences fatales sur l’ensemble du processus politique mené par les Nations Unies, Mezouar estime que l’UA voudrait – par sa manière de procéder- « faire échouer les efforts onusiens en cours pour résoudre ce différend ».

La lettre a été transmise à Ban Ki-moon par l’entremise du Représentant permanent du Royaume aux Nations Unies, Omar Hilale, qui appelait à sa communication en tant que document officiel du Conseil de sécurité. Mais cela n’a pas empêché ce dernier d’auditionner hier, mardi 26 avril, Joaquim Chissano. A noter qu’entre temps, il a participé à une réunion informelle du Conseil de sécurité convoquée par l’Angola et le Venezuela, au cours de laquelle il a critiqué le Maroc, rapporte La Tribune de Genève.

 

28/04/2016