Le parti communiste cubain rassure le Polisario suite à la normalisation de ses relations avec le Maroc. / DR

Le gouvernement cubain n’a pas encore adressé un message rassurant le Polisario suite à la normalisation de ses relations avec le Maroc. La mission a plutôt été confiée au parti communiste cubain.

«Cuba-Maroc : La volonté politique de construire des ponts sans oublier l’histoire et les principes». C’est le titre d’un article paru dans le quotidien Granma, l’organe de presse officiel du parti communiste cubain, réservé à la normalisation des relations entre Rabat et La Havane. Le texte est un message d’assurance adressé à la direction du Polisario, alors que des voix s’élèvent dans les camps de Tindouf pour critiquer ouvertement l’action de la diplomatie du Front dans l’île caribéenne.

«Les autorités cubaines maintiennent leur position solidaire et invariable à l’égard de l’autodétermination du Sahara occidental et poursuivent leur appui à la formation de centaines de jeunes Sahraouis dans ses centres éducatifs et l’aide apportée (dans les camps de Tindouf, ndlr) par les coopérants cubains dans les secteurs de la santé et l’éducation», écrit le journal.

 

Que vaut encore le parti communiste cubain ?

 

Pour Granma, le rétablissement des relations avec le royaume et l’installation de son ambassade à côté de celle de la «RASD» est une initiative qui se situe «dans l’esprit de la proclamation de l’Amérique latine et des Caraïbes en tant que zone de paix, adoptée lors du 2e congrès de la CELAC (Communauté des Etats latino-américains et caribéens, ndlr), célébré en janvier 2014 à La Havane».

Force est de constater qu'à l’instar du parti communiste nord-coréen, les communistes cubains sont logés à la même enseigne. Tous sont marginalisés par les deux familles qui règnent sans partage dans les deux pays. Bien qu’à Cuba, les camarades encore nostalgiques de l’implication de leur armée dans la Guerre des Sables, osent encore se manifester timidement. En témoigne la publication de cet article équilibré dans Granma.

Ainsi et bien avant le retrait de Fidel Castro en 2008, c’est sa famille qui gouverne seule. Son frère Raúl, son bras droit, lui a succédé sans la moindre contestation de la part des camarades. En revanche, José Machado Ventura (86 ans), le général Leopoldo Cintra Frías (73 ans), le commandant Ramiro Valdés (84 ans) et le général Ramón Espinosa (78 ans) font partie du décor. A moins d’un imprévu, ils feront partie du bureau politique du PCC jusqu’en 2021.

Cette omniprésence de la famille Castro sur l’île caribéenne est appelée à se poursuivre au-delà de 2018, date de l’annonce de la retraite de Raúl du pouvoir et de l’arrivée de son vice-président, Miguel Díaz-Canel. Une passation de pouvoir qui sera opérée sous la supervision du fils du colonel Alejandro Castro Espín, le fils de Raúl, et son conseiller spécial.

28/04/2017