Le Maroc, pays le plus stable dans la région de l’Afrique du nord grâce à la bonne organisation des champs religieux et politique (Fondation Hanns Seidel)

Le représentant régional de la Fondation allemande Hanns Seidel au Maroc, M Jochen Lobah, a affirmé, jeudi à Rabat, que les champs religieux et politique au Maroc sont “bien organisés et structurés”, ce qui fait du Royaume “une exception et le pays le plus stable dans la région Afrique du Nord”.
S’exprimant lors de la cérémonie d’ouverture du colloque international organisé sur le thème : “L’imbrication des champs politique et religieux au Maroc et dans le monde arabe: entre le monopole et les velléités de sécularisation et d’autonomie”, M. Lobach a fait savoir que la pensée politique dans le monde arabe, à l’exception du Maroc et des pays du Golfe, connaît “une crise profonde” en raison de l’enchevêtrement du pouvoir politique avec la religion.
La dissonance entre les champs politique et religieux a créé dans certains pays islamiques une crise dans la pensée politique menaçant la paix sociale, a dit le représentant de la Fondation Hanns Seidel, citant à cet égard l'émergence des groupes et mouvements extrémistes et la situation chaotique prévalant dans de nombreux pays arabes et islamiques.
Cette crise constitue une menace pour le développement économique et social dans la région, a-t-il souligné, notant que le but de ce séminaire est d’analyser et cerner les contours de la problématique de la pensée politique.
La plupart des pays arabes n'ont pas encore tranché sur le choix entre la pensée religieuse conservatrice ou le modèle occidental dans la gestion de la chose publique, a précisé M. Jochen Lobah, affirmant qu’il s’agit là d’un choix délicat qui revient aux décideurs politiques et aux acteurs sociaux. Pour sa part, le doyen de la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Souissi-Rabat, M. Khalid Berjaoui a dit que l'organisation de ce colloque s’inscrit dans le cadre du programme annuel d'activités scientifiques de la faculté, indiquant que cette rencontre est l'occasion d’échanger les points de vues et les idées sur l’imbrication des champs politique et religieux au Maroc et dans le monde musulman, ce qui devrait permettre de tirer des conclusions et enrichir le débat intellectuel engagé sur la scène arabe et islamique.
D’après M. Berjaoui, l'imbrication des champs politique et religieux n’est pas un phénomène nouveau car le champ religieux a toujours imposé sa présence au sein de la société musulmane, chrétienne et juive, soulignant que la valeur ajoutée de ce séminaire est d’évaluer ce brassage en vue d’éviter toute instrumentalisation politique de la religion.
Les travaux de ce colloque, organisé par l'Université Mohammed V de Rabat, en partenariat avec la Fondation Hanns Seidel, qui se poursuivront jusqu'à vendredi, portent sur des thématiques liées notamment à "la loi et la charia: lecture dans des textes organiques", "l’Etat civil", "la relation entre religion/politique, la foi et croyances", "L’après Islam politique" et "la séparation entre politique et religion dans des contextes islamiques".

14/11/2014