« Partial, réducteur et déséquilibré ». C’est par ces termes que le ministre Mustapha El Khalfi a qualifié le dernier rapport de John Kerry sur les droits de l’Homme au Sahara occidental. C’est le retour à la case départ. Un document qui tombe au mauvais moment pour Rabat alors qu’elle est candidate à la 2ème phase du Millenium Challenge Account. Lors de la première phase, le royaume avait bénéficié de 697,5 millions de dollars d’aides. Elle s’est achevée le 15 septembre 2013.

Décidément, le Maroc doit amèrement regretter le départ d’Hilary Clinton du département d’Etat. Au fil des jours, les désaccords avec son successeur se multiplient. Hier après-midi, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, a vertement critiqué le dernier rapport des services de John Kerry sur la situation des droits de l’Homme au Sahara, adressé aux commissions budgétaires du Sénat et du Congrès.

Mustapha El Khalfi a déclaré, lors d’un point de presse, à l’issue du conseil de gouvernement, que le siège du ministère des Affaires étrangères a abrité, mercredi, une réunion du mécanisme de dialogue maroco-américaine sur les droits de l'Homme, consacrée à l’examen de ce document.

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Pour le responsable gouvernemental, le rapport en question « omet l'ensemble des efforts déployés par le Maroc dans le domaine de la promotion des droits de l’Homme dans les provinces du Sud ». El Khalfi a indiqué que le texte du chef de la diplomatie de Washington « contient des généralités non documentées par des preuves précises et claires telles la fermeture de sites électroniques, la tenue de procès non public et des arrestations pour délit d'opinion ».

Le PJDiste s’est dit surpris du « contenu de ce rapport » alors que, « le Maroc a déployé de nombreux efforts qui ont été l'objet d'estime et salués par le Conseil de sécurité, qui s'est félicité du travail du Comité régional pour les droits de l'homme dans le cadre du Conseil national des droits de l'Homme ».

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Le document cible de critiques de Rabat est élaboré en application d’une loi adoptée en 2011 par le Congrès américain exigeant la vérification de la situation des droits de l’Homme au Sahara occidental avant l’octroi de nouvelles aides financières au royaume.

Le texte, guère clément avec le Maroc, fait état de « restrictions excessives et continues, particulièrement sur le droit de réunion pacifique et la publication de tout plaidoyer pour l’indépendance ou pour un référendum qui inclurait l’indépendance comme option ». Il énumère, également, « plusieurs violations des droits de l’Homme : absence de procès équitable pour des manifestants pro indépendance, arrestation de militants lors de distribution de tracts, et même le blocage de certains sites internet considérés controversés, comme ceux préconisant l’indépendance ».

Financièrement, le Maroc risquerait de perdre, non pas seulement l’aide annuelle que lui verse Washington ne dépassant pas les 40 millions dollars dans les meilleurs des cas, mais d’être exclu de la deuxième tranche du compte Millenium challenge, dontcil est d’ailleurs candidat. C’est jusement pour plaider en faveur de cette candidature que le chef de gouvernement a effectué, les 26 et 27 septembre, un déplacement à Washington. Lors de la première phase, le royaume avait bénéficié, de 2008 à 2013, de 697,5 millions de dollars.

04/10/2013