Fès – Le Maroc, en suspendant tout contact avec les institutions européennes à l’exception des échanges au sujet du recours relatif à l’accord agricole, refuse l’amalgame et les préjudices émanant d’influences politiques et de lobbying, a affirmé le vice-président de l’université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès, Brahim Akdim.

“Respectueux des principes universels des droits de l’Homme et de la justice, le Royaume refuse l’amalgame et les préjudices pouvant provenir des influences politiques et du lobbying”, a-t-il souligné un entretien avec la MAP.

Il a relevé que les manipulations secrètes qui vont à l’encontre des intérêts nationaux ne sont pas tolérables.

La transparence et la concertation, qui doivent être privilégiées entre les partenaires crédibles, sont les principales revendications du Maroc, pour défendre ses intérêts et consolider la coopération avec l’Europe, sur des convictions partagées pour réussir d’autres dossiers aussi stratégiques en Méditerranée, en Afrique et dans le Monde, a-t-il expliqué.

“En adoptant cette position, le Maroc montre ainsi sa fermeté en plus de son attachement aux principes d’amitié et d’ouverture internationale, en particulier sur l’Europe, pour construire un avenir commun et honorer l’histoire et la mémoire collective”, a-t-il précisé.

Tout en soulignant le respect par le Royaume des engagements pris et des intérêts partagés, le chercheur a affirmé que l’ambiance voulue est celle d’un partenariat cadré par le respect mutuel et l’attachement des partenaires aux principes universels de justice, de paix et de cohabitation.

Dès l’émergence de cette nouvelle crise montée en toutes pièces, le Maroc a appelé à la raison en soulignant que la plainte portée par des représentants de séparatistes, est motivée par la volonté de nuire à son intégrité territoriale, a-t-il enchainé.

Tant que le conflit du Sahara marocain est entre les mains de l’ONU et du Conseil du sécurité, qui reconnait d’ailleurs le bien-fondé des positions et propositions marocaines et son attachement à trouver des solutions concertées, la Cour européenne de justice n’a pas à traiter de cette plainte, en conformité d’ailleurs avec son règlement et son statut, a relevé M. Akdim.

Le Maroc refuse l’intervention d’autres organismes (y compris européens) pour semer le doute dans une affaire en cours de traitement à des échelles internationales plus élevées, a-t-il poursuivi.

Il a fait savoir que le Royaume a appelé ceux qui en doutent encore à venir constater de visu la réalité sociale et le niveau de vie des citoyens au sud.

Le peuple marocain est attachée à l’unité de son pays et les liens du Nord au Sud du Royaume “s’épanouissent”, a dit le vice-président de l’université, ajoutant que “le Maroc méridional se développe grâce notamment aux sacrifices du Maroc septentrional et aux investissements publics”.

“Les populations du Sud du Royaume jouissent de leurs droits et expriment librement leurs choix dans un contexte démocratique instauré et garanti par la Constitution, comme elles profitent des richesses de leurs territoires en plus des soutiens venant du nord”, a-t-il fait savoir.

Il a aussi rappelé les différents appels de SM le Roi Mohammed VI ouvrant les portes pour les populations des camps Tindouf qui veulent rallier la mère-patrie et participer au processus de construction sans précédent enclenché dans leur pays.

Il souligné que les énormes sacrifices consenties pour développer le sud du Royaume sont dictés par un devoir de solidarité nationale et de l’intérêt citoyen d’un pays et d’un peuple.

En prenant cette position, le Maroc rappelle les incohérences procédurales et les actions non fondées qui ont conduit la Cour européenne à prendre sa décision qualifiée de “dérapage”, a-t-il souligné.

Il a relevé que la réalité est entièrement ignorée et les décisions de la cour ne sont pas fondées.

“La Cour européenne de la Justice peut solliciter l’information et les données précises du gouvernement marocain, des représentants des populations légalement élus et exerçant leurs missions (collectivités) ou encore des associations très actives sur le territoire (ONG)”, a-t-il relevé.

Il a souligné que ces populations, qui sont majoritaires, doivent être concertées avant toute décision pouvant affecter leur sort. La Cour aurait pu attendre la collecte de ces données et les analyser avant de prendre sa décision, a-t-il poursuivi.

Le décryptage du caractère politique de la décision de la cour est aisé, car il est franchement visible depuis le début jusqu’à la fin. Le Maroc ne comprend pas comment l’Europe et ses instances sont emportées par des agissements d’un groupuscule manipulé, sans aucune représentation légitime des populations, s’est-il étonné.

Dans ce sens, il a fait savoir que le Maroc avait toujours exprimé la disposition “à aider pour une justice objective, qui écoute toutes les parties et cherche la vérité sur le terrain”.

Le Maroc a également fait preuve de bonne foi pour collaborer, informer et discuter et aider les partenaires européens à assimiler les réalités d’un conflit qui menace la stabilité régionale, et risque d’affecter négativement l’Europe, vu ses impacts idéologiques et socioéconomiques sans limites.

 

29/02/2016