Le Maroc soutient ardemment l'intégration du Maghreb

Le projet de l'Union du Maghreb pourrait profiter à la région entière, a expliqué Youssef Amrani, vice-ministre marocain des Affaires étrangères, devant les Nations unies le 6 août.

Le Maroc vient de réitérer sa volonté de relancer l'Union du Maghreb arabe (UMA).

 

"Le projet maghrébin demeure un passage obligé pour un développement durable et solidaire des peuples du Maghreb et leur voisinage", a déclaré Youssef Amrani, vice-ministre marocain des Affaires étrangères, devant le Conseil de sécurité des Nations unies le 6 août.

 

Selon lui, la relance de ce projet, en sommeil depuis longtemps, accorderait davantage de stabilité et de prospérité aux États membres de l'UMA, le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, la Mauritanie et la Libye.

Une conclusion à laquelle sont parvenus experts locaux et partenaires internationaux : ces cinq pays tireraient profit de la mise en place d'une plateforme économique régionale.

 

Un tel bloc serait en mesure de produire de la richesse, de créer des emplois et de lutter contre le chômage des jeunes, a expliqué l'économiste Hicham Cherboute .

 

Il permettrait également d’affronter la concurrence internationale et de négocier des accords internationaux avantageux, notamment avec l’Union européenne, a-t-il ajouté.

 

"L’absence d’un marché maghrébin et le faible taux d’échanges constituent un véritable handicap. L’idéal serait d’avoir un Maghreb complémentaire économiquement. Le non-Maghreb coûte très cher à ses pays", a-t-il précisé.

 

Selon lui, "la perte est estimée entre deux et quatre points du PIB pour chaque pays. Ce qui se répercute négativement sur les opportunités en termes d’emploi".

 

Outre les impératifs économiques, le partenariat sécuritaire est appelé également à s’intensifier au vu des menaces sécuritaires qui s’abattent sur la région. Jusqu'à présent, cette coopération est jugée insuffisante en comparaison avec les défis sécuritaires, souligne le politologue Amine Bekkali.

 

"Le crime organisé qui sévit au Sahel menace l’avenir du Maghreb", ajoute-t-il. "Cependant, les initiatives de coopération pour affronter les risques en commun sont quasi-absentes".

 

"Sans l’implication de tous les pays et l’unification de leurs efforts à travers notamment l’échange de renseignements, la région demeure en péril", relève-t-il.

 

Il espère que les engagements pris par les hauts responsables maghrébins lors des réunions de haut niveau seront concrétisés sur le terrain.

 

La réunion des ministres de l’Intérieur du Maghreb, organisée en avril dernier, avait débouché sur plusieurs recommandations, dont l’impératif du renforcement de la coopération entre les services sécuritaires à travers l’échange des renseignements.

 

Dans la Déclaration de Rabat publiée à l'issue de ce mini-sommet, les ministres s'étaient engagés à adopter une approche commune pour lutter contre les menaces sécuritaires et les complots terroristes.

 

Le terrorisme "doit être abordé conjointement... parce que les pays du Maghreb sont voisins et appartiennent à la même zone régionale, et affrontent des défis et des menaces communs", affirmait cette déclaration.

 

Il est temps de mettre en œuvre les recommandations émises lors de cette réunion ministérielle au Maroc, selon Bekkali.

 

"On doit passer de la phase des discours à celle des réalisations concrètes", ajoute cet analyste.

 

L'une des pierres d'achoppement ayant empêché la mise en œuvre du projet de l'UMA pendant des décennies a été la question de la fermeture des frontières entre l'Algérie et le Maroc. Mais des signes semblent annoncer un dégel des relations bilatérales entre les deux voisins.

 

"Les autorités des deux pays doivent œuvrer de concert sur des mécanismes qui permettront la réouverture" de la frontière, avait pour sa part déclaré le ministre algérien de l'Intérieur Dahou Ould Kablia lors de la réunion de Rabat.

 

Il avait précisé que les entretiens avec son homologue marocain Mohand Laenser, qui s'était rendu à Alger au début du même mois, avaient envoyé un "signal fort" en faveur du réchauffement des relations et qu'ils avaient aidé à créer un environnement "propice" pour progresser sur la question.

17/08/2013