Après des mois de tension, des représentants de partis algériens peu connus sur la scène politique locale ont visité le Maroc. Un déplacement complètement éclipsé par les propos très menaçant du président de la Chambre basse du parlement algérien à l'égard du royaume.

Attendue en novembre, la visite d’une délégation partisane algérienne a finalement eu lieu jeudi dernier. Des membres de petites formations ont, finalement, effectué un déplacement au Maroc pour rencontrer Mohamed Khalidi, le chef du parti islamiste Renaissance et vertu et non le PJD comme nous l'avions annoncé initialement sur Yabiladi.

Lors de cette réunion, Khalidi était accompagné notamment par Hamza Kettani, membre du secrétariat général du PRV, également frère du cheikh salafiste Hassan Kettani, et de l’ancien représentant du Maroc aux Nations Unies, Ahmed Senoussi. Ils avaient en face d’eux, Naïma Salhi, SG du parti Justice et Manifeste et le député sans appartenance politique Mohamed Boufrache. Un homme que la presse locale qualifie d'islamiste.

Cette initiative intervient dans un contexte très tendu. Les relations maroco-algériennes sont encore toujours otages du conflit du Sahara occidental. Le message de Bouteflika à une réunion de syndicats au Nigeria et l’affaire du drapeau du consulat algérien de Casablanca, arraché par un Marocain le 1er novembre, jour de fête national chez le voisin de l'Est, ont davantage exacerbé les tensions entre les deux pays.

Le président du parlement menace le royaume

L' arrivée de la délégation algérienne au Maroc a été largement éclipsée par les déclarations fracassantes du président de la Chambre basse du parlement. Mohamed Ould Khelifa s'est vanté que « le pays s’est doté d’une armée nationale forte dénuée d’un esprit d’agression envers quiconque, mais gars à celui qui tente de s’attaquer à l’Algérie », rapporte le quotidien El Watan.

Des propos virulents destinés exclusivement à séduire la coupole militaire dont des hauts gradés étaient parmi l'assistance. Ould Khalifa est un candidat potentiel à la succession de Abdelaziz Bouteflika.

Les chances du locataire du palais Al Mouradia de rempiler pour un quatrième bail sont très minimes. Son état de santé l'empêche de s'acquitter convenablement des devoirs d'une campagne présidentielle. D'autant que l'option du prolongement de son mandat pour deux années supplémentaires a été écartée sous la pression du général Toufik, le puissant patron du DRS, comme l'ont indiqué des médias locaux.

12/01/2014