Miguel Angel Moratinos et John Bolton

Deux diplomates sont en course pour succéder à Christopher Ross : l’Espagnol Miguel Angel Moratinos et l’Américain John Bolton. C’est à l’administration Trump que reviendra le dernier mot.

 

La démission de Christopher Ross a relancé les spéculations sur ses possibles successeurs. «Deux noms émergent du lot : l’Espagnol Miguel Angel Moratinos et l’Américain John Bolton», nous confie une source au Sahara.

 

L’ancien ministre des Affaires étrangère du voisin du nord est connu pour sa proximité avec le royaume, où il jouit de la confiance et du respect des décideurs politiques. C’est en effet lui qui est l’artisan du réchauffement des relations entre Rabat et Madrid.

 

Le choix de Moratinos est en phase avec la volonté du secrétaire général des Nations unies de nommer un Européen en tant qu’envoyé personnel au Sahara occidental. Antonio Guterres et l’Espagnol sont par ailleurs les derniers représentants de l’âge d’or de l’Internationale socialiste, du temps où l’IS était dominée par les partis socialistes européens.  

 

Le Polisario et l’Algérie préfèrent l’Américain John Bolton

 

Si le Maroc a toutes les raisons de se réjouir d'une éventuelle nomination de Moratinos, l’Algérie et le Polisario appuient la candidature de John Bolton, l’ancien représentant des Etats-Unis à l’ONU (du 1er août 2005 au 9 décembre 2006) sous l’administration de Georges W. Bush.

 

Au Conseil de sécurité, ce Républicain s'est montré hostile aux intérêts du royaume. Il a notamment défendu un élargissement du mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l’homme et l’organisation d’un référendum au Sahara. Des positions qui ne sont pas sans rappeler celles de son mentor James Baker. John Bolton avait en effet travaillé au sein de l’équipe du premier envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies au Sahara occidental. Il est également membre du Baker Institut.

 

De ces deux prétendants, qui sera le successeur de Christopher Ross ? «Cela dépendra de l’administration Trump. La nomination d’un Américain en tant qu’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU au Sahara serait un réel indicateur de l’intérêt qu’accorde Washington au différend territorial. Dans le cas contraire, un ressortissant européen aura toutes les chances de succéder à Ross», nous confie une source au Sahara.

 

Et d’avancer que «la candidature de Moratinos aurait été soulevée par le ministre espagnol des Affaires étrangères, Alfonso Dastis à Alger avec le chef du gouvernement, Abdelmalek Sellal».

10/03/2017