Le département d’Etat US compte faire un projet de résolution au conseil de sécurité modifiant le mandat de la Minurso. Les partis politiques sont unanimes à rejeter une telle initiative.

Il est certain que le centre Kennedy aux Etats unis s’en réjouit de la décision du département d’Etat de vouloir déposer au conseil de sécurité un projet de résolution pour l’élargissement des prérogatives de la Minurso au Sahara, ledit centre ayant rendu public dernièrement un rapport où il en ressort que les droits humains sont bafoués dans la région et que seule un mécanisme onusien de supervision est à même de garantir aux habitants de la région le respect de leur dignité. Samedi 13 avril dans la soirée, le centre a publié un communiqué où il applaudit le projet de résolution des Etats Unis appelant à la mise en place d'un mécanisme de monitoring des droits de l'Homme rattaché à la mission de la Minurso, en qualifiant de "tournant" ce texte.

"Le Centre Robert F. Kennedy pour la Justice et les droits de l'Homme applaudit le projet de résolution des Etats Unis appelant à la mise en place d'un mécanisme de monitoring des droits de l'Homme rattaché à la mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental et aux camps de réfugiés en dehors de Tindouf, en Algérie", souligne RFK Center dans un communiqué publié sur son site électronique.

Il n’en fallait pas plus pour que le Maroc prenne les choses au sérieux. Et les chefs de partis politiques ont été appelés lundi dans la matinée pour une réunion au cabinet royal afin d’y voir plus clair et d'adopter une position commune. Présidée par le conseiller du Roi Omar Azziman et en présence des conseillers Omar Kabbaj et Abdellatif Mennouni, en plus du chef du gouvernement et des ministres de l’Intérieur et  de la Justice, entre autres, la réunion a duré près de cinq heures et a été sanctionnée par un communiqué relatant l’unanimité des partis politiques à rejeter la proposition américaine.

Contacté par menara.ma à la sortie de la réunion, Abdelkrim Benatiq, secrétaire général du Parti travailliste, a été on ne peut plus clair : « Il n’y a aucune modification qui peut être apportée au mandat de la Minurso, autrement l’accord sur le cessez-le-feu de 1991 et tout ce qui s’en est suivi est à revoir. Nous attendons de voir puisque pour le moment, il n’y a pas encore de projet américain, mais d’une sorte de déclaration d’intention. En tout cas, quelle que soit la position américaine, cela ne changera rien sur le terrain et n’entamera pas l’unanimité des Marocains. » La même position a été celle de Driss Lechguar, Premier secrétaire de l’USFP, joint également au téléphone.

Mohamed Abied, secrétaire général de l’Union constitutionnelle, lui, considère que « sur le sujet de l’intégrité territoriale, il faut toujours rester vigilant, les ennemis sont là à guetter tout relâchement de notre part. L’Algérie qui se félicite de la volonté américaine de changer de position en premier lieu… La réunion a été tenue pour que le monde entier sache que concernant le Sahara marocain, nous ne lâcherons rien. »

Même son de cloche de Abdellah Kadiri, du Parti démocratique national. Quant à Nabyl Benabdellah, secrétaire général du PPS, il est plutôt dans la crainte. « Il n’y a pas de projet de résolution américain aujourd’hui, mais si les USA se décident à le faire, il sera certainement adopté », déclare-t-il.

Que faire alors ? Personne ne peut avoir de réponses maintenant, on multiplie les initiatives de sensibilisation à travers le monde. Après la tournée en Amérique Latine de Youssef Amrani, le ministre délégué aux Affaires étrangères, le ministre des Affaires étrangères, lui, en compagnie de directeur général de la DGED, Yassine Mansouri, et du conseiller du Roi, Taieb Fassi Fihri a été, lundi en Angleterre.

16/04/2013