Le Tribunal militaire a décidé, samedi après-midi, la mise en délibéré du dossier des 24 accusés poursuivis dans le cadre des événements liés au démantèlement du camp de Gdeim Izik à Laâyoune.

La cour a entendu samedi matin le dernier mot des accusés qui ont nié à nouveau toutes les accusations portées contre eux et qui portent sur la "constitution de bandes criminelles, violences contre les forces de l'ordre ayant entraîné la mort avec intention de la donner et mutilation de cadavres". 

Vendredi, le tribunal avait entendu les plaidoiries de la défense qui a requis l'acquittement de tous les accusés pour manque de preuves à charge, absence de l'intention criminelle, et inexistence d'éléments constitutifs du crime, et qualifié les procès-verbaux de la police judiciaire de "nuls et non avenus", de "copies conformes" les uns des autres et de viciés par les contradictions. 

Dans sa réponse aux plaidoiries de la défense, le représentant du ministère public a insisté sur la validité et la légalité des procès-verbaux de la police judiciaire, précisant que les éléments du crime sont réunis, notamment la présence d'un plan minutieux, d'instruments du crime, de fonds et du lieu de crime. 

Il a, en outre, procédé à la projection d'images diffusées par une chaîne de télévision espagnole d'enfants palestiniens victimes d'un carnage commis par les forces israéliennes et présentées comme étant des images du camp de Gdeim Izik pour induire en erreur l'opinion publique. 

De son cô té, la défense a soutenu que les photos des mis en cause avec des responsables du soi-disant "Polisario", présentées par le parquet, sont "la véritable raison de la poursuite" dont ils font l'objet, ajoutant que les arguments de ce dernier sont "infondés". 

La défense a également énuméré les vices qui selon elle ont entaché l'enquête et la préparation du dossier, sachant que le parquet avait précisé auparavant que toute contestation des décisions du juge d'instruction devait se faire au niveau de la chambre d'appel près la Cour d'appel de Laâyoune. 

Le procès, qui s'est ouvert le 1er février, connait la présence d'observateurs nationaux et internationaux, ainsi que de représentants de nombreuses associations et organisations des droits de l'Homme et de médias marocains et étrangers. Des interprètes et traducteurs assermentés sont également présents en permanence au tribunal pour assurer la traduction en français, anglais et espagnol. 

Les événements de Gdeim Izik, qui remontent aux mois d'octobre-novembre 2010, avaient fait 11 morts parmi les forces de l'ordre, y compris un élément de la Protection civile, 70 blessés parmi ces mêmes forces, dont plusieurs grièvement atteints et quatre autres blessés parmi les civils, outre des dégâts matériels conséquents et dommages à des bâtiments publics et biens privés.

 

16/02/2013