La question de l’équilibre budgétaire de l’Etat est étroitement liée aux cours du gaz et pétrole et la rente pétrolière devient de plus en plus vulnérable puisque désormais « il semble qu’il faille un baril autour de 121 dollars pour équilibrer le budget, ce qui est loin d’être acquis actuellement ».

Avec un modèle économique bloqué et un climat des affaires dégradé, la situation économique de l’Algérie est « préoccupante et loin d’être viable », relève un rapport d’une mission d’information parlementaire française.

 

L’économie algérienne est une économie rentière qui est principalement fondée sur l’exploitation des ressources du sous-sol, pétrole et gaz, souligne la mission constituée par la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale, faisant savoir que « le pic pétrolier et gazier (le moment où la production commencera à décliner) n’est pas très éloigné ».

 

La rente liée aux hydrocarbures facilite le clientélisme et « a eu un effet anesthésiant sur l’économie algérienne en freinant, pendant longtemps, tout effort de diversification de l’économie », indique le document qui sera mis en ligne la semaine prochaine sur le site de l’Assemblée nationale française.

 

La question de l’équilibre budgétaire de l’Etat est étroitement liée aux cours du gaz et pétrole, note la même source, relevant que la rente pétrolière devient de plus en plus vulnérable puisque désormais « il semble qu’il faille un baril autour de 121 dollars pour équilibrer le budget, ce qui est loin d’être acquis actuellement ».

 

Evoquant le paysage entrepreneurial, le rapport fait observer qu’il y a un ratio de moins de 12 entrepreneurs pour 1.000 habitants en Algérie ce qui est inférieur à ce qu’on voit ailleurs (30 créations d’entreprises pour 1.000 habitants) et dix fois moins qu’au Maroc.

 

La mission d’information déplore aussi l’absence de réelle ouverture de ce pays au tourisme, relevant que l’Algérie apparait encore aujourd’hui comme « prisonnière d’un secteur unique ».

 

Pour ce qui est du climat des affaires, le document souligne que « la bureaucratie et les pratiques administratives parfois pesantes bloquent grandement l’initiative privée et le développement de l’économie algérienne ».

 

« L’Algérie souffre d’un environnement des affaires difficile et peu favorable au développement du secteur privé et aux investissements étrangers », indique le rapport, faisant remarquer que le cas du marché financier est impressionnent puisque la capitalisation boursière représente moins de 1/1000e du PIB national alors que le nombre d’obligations est en chute libre avec un niveau de transaction qui ne dépasse pas deux millions de dollars.

 

La mission établit aussi une comparaison avec la bourse de Palestine, « qui ne dispose pas de toutes les facilités, et compte plus de 40 titres cotés » contre trois titres seulement pour celle d’Alger, alors que la place de Casablanca accueille des centaines de sociétés et représente en capitalisation plus de 60 pc du produit national marocain.

 

Le rapport note, d’autre part, que la législation algérienne peut également soulever des inquiétudes auprès des investisseurs puisqu’elle « impose un contrôle pointilleux des changes qui constitue une gêne pour les sociétés étrangères ».

 

Au plan politique l’Algérie semble aujourd’hui être « un pays en attente où l’avenir politique est encore difficilement prévisible », relève encore le rapport d’une mission d’information parlementaire française.

 

« Les Algériens font en ce moment preuve d’une grande prudence ce qui peut permettre d’envisager que le pays ne va pas connaître de profondes et brutales évolutions dans les mois à avenir », souligne le rapport de la mission constituée par la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale..

 

Cette prudence est manifeste sur le plan intérieur par le ralentissement du processus de réformes, indique le document.

 

La mission rappelle, à cet égard, que la commission chargée de préparer une révision de la constitution n’a été installée que le 8 avril dernier, soit près de deux ans après l’annonce de la réforme, faisant remarquer que « cette commission semble être étroitement encadrée puisqu’elle doit débattre à partir d’un document de base élaboré par le président de la république, lequel appréciera également la suite à donner aux conclusions auxquelles elle aboutira ».

 

Le document souligne, d’autre part, qu’en dépit des manifestations et revendications quotidiennes, l’ »Algérie paraît donc être, en ce moment, dans une phase quelque peu particulière où aucune décision majeure ne semble devoir être prise ».

 

Selon la mission, « cette prudence et cette attente ont également des relents de veillée d’armes, à quelques mois d’une échéance électorale que les ennuis de santé du président Bouteflika contribuent à rendre encore plus incertaine ».

 

« Cette attitude attentiste ne peut qu’interpeller les partenaires de l’Algérie, lesquels à l’image de la France, sont eu aussi en attente face aux évolutions futures de ce pays », relève le document.

02/11/2013