Mohamed Abdelaziz reconnaît la recrudescence de la contestation dans les camps

Le contrôle d’une main de fer exercé depuis 40 ans sur les habitants des camps de Tindouf par Mohamed Abdelaziz avec le soutien inconditionnel des services secrets algériens, ne cesse de faire monter la fronde dans les camps.
Cette réalité, Abdelaziz, lui-même, l’a reconnue, en répondant à un journaliste qui lui demandait à propos de la rumeur sur une éventuelle reprise des armes contre le Maroc. Il a affirmé à ce sujet: «Le Front fait face à des pressions de la part des jeunes, lassés de vivre dans les camps». Ce qui, selon lui, justifierait cette éventuelle reprise de la guerre. Mais ce que le chef du Polisario a omis et qui est la principale raison de cette éventuelle reprise, est son maintien, lui et ses lieutenants à la tête du mouvement, nous dit un rallié qui a choisi de regagner son pays le Maroc. Ce rallié nous a précisé que les opposants sahraouis au Polisario, regroupés au sein du Mouvement des jeunes pour le changement, se battent d’abord pour le départ de Mohamed Abdelaziz. Ils ne croient plus aux promesses du chef du Polisario. Notre interlocuteur ajoute que les jeunes sont révoltés par l’emprise du Polisario et du DRS algérien sur les camps de Tindouf et, surtout, désespérés par l’absence de perspectives à leur exil forcé.
Dans ces campements isolés du reste du monde, les Sahraouis n’ont pas droit à la libre expression et les médias internationaux indépendants n’ont aucun accès aux camps. Et, comble de malheur, les séquestrés ne peuvent même pas se déplacer en dehors des camps sans l’autorisation du DRS algérien, par l’entremise du Polisario. C’est dans ce climat extrêmement tendu que des «mouvements de contestation de plus en plus nombreux prennent pour cible la direction du Polisario. Cette même direction que les Sahraouis des camps accusent d’exploiter depuis quatre décennies leurs enfants qu’ils envoient en Europe et à Cuba pour défendre ses causes. Les parents de ces enfants accusent également le Polisario d’envoyer leurs enfants en Europe où des familles les adoptent et les convertissent au christianisme, alors qu’à Cuba ces enfants sont exploités dans des fermes.
A noter que la déclaration du chef du Polisario survient après que le pseudo-émissaire de l’UA a reçu une fin de non-recevoir de Moscou et Pékin.
Dans une tentative de démentir ces réalités concernant la conversion des enfants au christianisme, la direction du Polisario fait circuler des photos d’enfants pratiquant la prière dans des maisons européennes, prétendant que les familles d’accueil les ont toujours aidés à accomplir leurs devoirs religieux. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que les familles sahraouies des camps ont dénoncé le comportement de leurs enfants qui reviennent de vacances en Europe dans le cadre d’un programme initié sous l’égide de certaines églises et qui permet à 5.000 enfants sahraouis d’être accueillis dans des familles européennes.

16/07/2014