Mohamed Bannane natif de Dakhla, est fils du résistant et membre de l’Armée  de libération qui avait décroché le drapeau mauritanien pour hisser les couleurs nationales en son lieu et place en 1979. Il est président de l’Association pour la préservation des richesses halieutiques à Oued Eddahab-Lagouira. 

Le Polisario avait volé le troupeau de camelins de sa famille pour inciter son père  à rejoindre les camps de Tindouf et  attirer les centaines de personnes qui lui étaient idèles. 

Ce qu’il n’a jamais voulu faire, vu son attachement au Royaume et à ses institutions sacrées. 

 

Libé : Quels sont les objectifs de votre association? 

 

Mohamed Bannane : L’association a pour objectif de veiller sur les richesses halieutiques et de les  préserver contre la surexploitation et le gaspillage et de sensibiliser les opérateurs, notamment les pêcheurs, à l’importance de ces richesses qu’il faut exploiter de manière rationnelle. 

 

Quel commentaire vous inspire la signature du protocole d’accord de pêche entre le Royaume et l’U.E. ? 

 

D’abord, je tiens à vous dire que j’étais dans les camps de Tindouf, que j’ai vu et pu évaluer de visu les structures et les réalités du Polisario. Je suis revenu après avoir épousé la fille d’un pseudo-ministre de ce pantin téléguidé par Alger et avec la conviction que le Polisario est inexistant et ceux qui prétendent revendiquer l’indépendance du Sahara ne sont que des menteurs et qu’il ne représente en rien les Sahraouis dont la majorité se trouve de ce côté de la frontière et qui sont fiers d’être marocains et de vivre parmi les leurs.  Les dirigeants du Polisario téléguidés par leurs patrons algériens ne cherchent qu’à faire soumettre les Sahraouis aux généraux qui gouvernent réellement ce pays. Pour  preuve, le Polisario qui prétend défendre les intérêts des populations Sahraouies  n‘a jamais cherché à libérer les habitants de Tindouf, de Bechar ou d’Oum Laâssal qui sont tous sahraouis, de la domination algérienne parce que cela est tout simplement contraire aux instructions d’Alger. La réalité du Polisario est que c’est un mouvement fictif qui regroupe  des Sahraouis algériens, mauritaniens et des Touareg que les autorités algériennes ont installés à Tindouf, profitant ainsi des aides humanitaires que la communauté internationale apporte à ces soi-disant réfugiés qui ne sont, en réalité, qu’un ramassis de tribus qui n’ont rien à voir avec le Sahara marocain et qui ont été  regroupés par l’Algérie pour étayer ses prétentions sur son territoire. 

Pour revenir aux accords de pêche, j’en suis fier, à l’instar de tous les Sahraouis. Pour ce faire,  je  félicite les responsables de mon pays pour le succès qu’ils ont remporté avec sa signature. D’ailleurs, les succès se poursuivent et se succèdent et  nous nous en félicitons. Après la position claire des USA à propos de la question de notre intégrité territoriale et l’accord de pêche, il y a eu la dénonciation par le Paraguay des accords reconnaissant le Polisario signés par son ex-dictateur. 

Par ailleurs, je tiens à souligner qu’au Sahara marocain, il n’y a aucun problème politique. Il y a des problèmes sociaux, comme partout dans le monde. Ces problèmes sociaux sont exploités par des personnes qui paient des groupes de jeunes chômeurs pour qu’ils organisent de prétendus sit-in séparatistes. Ces jeunes dont le nombre dépasse rarement la vingtaine sont aussitôt dispersés et leurs commanditaires s’adressent aux autorités pour marchander une intervention ramenant le calme. 

Pour mettre fin à ces  mouvements, les autorités n’ont qu’à leur offrir des emplois et je peux vous garantir que jamais plus, il n’y aura de sit-in ou de marche séparatiste. 

 

La signature de cet accord de pêche avec l’UE a donné l’occasion aux séparatistes de l’intérieur de se livrer à des actes de vandalisme à Laâyoune. Quelle est votre appréciation de la situation ? 

 

 Ne me parlez pas de séparatistes de l’intérieur. Qui sont-ils ? Que représentent-ils ? Il ne faut pas attribuer à tous ceux qui, pour des raisons de cupidité, organisent des marches subventionnées, l’appellation de séparatistes de l’intérieur. Il y a des groupes à la solde du Polisario qui est lui-même à la solde d’Alger. Ces groupuscules reçoivent des subsides pour payer des adolescents et les inciter à lancer des pierres contre les forces de l’ordre pour être photographiés et alimenter la propagande des séparatistes. 

Tout cela vise à faire perdurer le problème et pour que les aides humanitaires continuent à être débarquées dans les ports algériens avec les retombées économiques que cela induit. Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que nos relations et notre allégeance au Trône alaouite ont existé avant l’existence de l’Algérie, des USA ou de l’ONU et rien ne changera cette réalité. 

 

Votre association a pour objectif de préserver les richesses halieutiques de la région. Quel genre de pêche serait-il le plus adapté à la région ? 

 

Depuis 2006, la création des sociétés de pêche pélagique a démontré que celles-ci sont d’utilité publique pour la région. Elles ont contribué à la création de milliers d’emplois. Vous avez des unités qui emploient entre 800 et 1000 personnes améliorant le niveau de vie de milliers de familles. Les sociétés de pêche pélagique contribuent également à l’amélioration des infrastructures de par leur volontariat. Vous avez des hommes qui, bravant tous les risques que comporte l’investissement dans les provinces du Sud qu’ils ne connaissaient pas, sont venus ici et ont investi des milliards. Leur réussite n’est plus à démontrer. Tout en respectant l’environnement, leurs chalutiers ou RSW emploient des dizaines de marins pêcheurs et les unités à terre emploient des milliers de gens. Contrairement à certains qui ont été filmés en flagrant délit, pillant les eaux maritimes et rejetant le poisson en mer. Seuls des gens qui cherchent à ruiner le pays et à dilapider ses ressources se comportent de la sorte. Pour sa part, la pêche côtière représente une menace. Pour en être convaincu, il faut voir ses conséquences à Tan Tan, Essaouira ou Safi. 

Je voudrais, par ailleurs, m’adresser aux jeunes Sahraouis. Je leur dirai : inspirez-vous des conséquences du prétendu Printemps arabe en Egypte, au Yémen, en Libye ou en Tunisie. Sachez que la quiétude dont nous jouissons, nous autres Marocains, n’a pas de prix. Sachez aussi que ceux qui vous incitent à la violence, aux marches et aux sit-in insensés ne cherchent pas votre intérêt. Ils sont poussés par la cupidité et leurs actions sont commanditées par les généraux algériens pour vous nuire et nuire à notre pays.

16/12/2013