Paris : Le quotidien français "Le Monde" dans son numéro daté de jeudi, écrit qu’à deux mois de la présidentielle, l'Algérie vit au rythme d'une crise ouverte à la tête de l'armée, relevant que "l'état-major et les services de renseignement et de sécurité se déchirent".

La publication, qui s'interroge sur ce qui se passe au sein de l'armée algérienne, indique qu'"à l'approche de l'élection présidentielle, prévue le 17 avril, l'institution militaire est en proie à des luttes fratricides jetées, pour la première fois de son histoire, sur la place publique par journaux interposés".

"Depuis plusieurs jours, la bataille oppose l'état-major de l'armée, incarné par son chef, le général Ahmed Gaïd Salah, également vice-ministre de la défense, et le puissant département du renseignement et de la sécurité (DRS, ex-Sécurité militaire), dirigé depuis 1990 par le général Mohamed Lamine Mediène, dit Toufik", poursuit le quotidien, ajoutant qu'"accusations, mises à la retraite et règlements de comptes sont devenus quotidiens nourrissant une inquiétude grandissante parmi la population médusée".

"Le Monde" rappelle que la première salve publique avait été lancée, le 3 février, par Amar Saadani, secrétaire général du Front de libération nationale (FLN) qui s'"est pris nommément au général Mediène, dont on ne prononçait le nom qu'avec précaution, il y a peu encore, en accusant le DRS ''d'interférence dans tous les rouages des institutions algériennes".

"La deuxième salve est intervenue quelques jours plus tard avec l'interpellation musclée du général Hassan, responsable de la lutte antiterroriste et du contre-espionnage au sein du DRS, déféré le 5 février devant le tribunal militaire de Blida et sur lequel semblent peser, là encore, de graves accusations", note la publication.

Les hostilités ouvertes entre l'état-major et le DRS, deux piliers majeurs de l'institution sécuritaire algérienne, semblent bien cependant dépasser le cadre de la présidentielle et la candidature éventuelle de M. Bouteflika, signale le journal, faisant observer que "l'équilibre interne originel au sein de l'armée est rompu".

12/02/2014