Négociations secrètes pour modifier l’accord de cessez-le-feu de 1991

Des tractations seraient en cours pour modifier, sous la supervision de l’ONU, les termes de l’accord de cessez-le-feu signé le 15 octobre 1991 entre le Maroc et le Polisario. Objectif : «Mettre fin aux violations enregistrées de part et d’autre».

Le SG de l’ONU est insatisfait de l’accord de cessez-le-feu de 1991 et le fait savoir. C’est ce que révèle un document ébruité par des sources onusiennes et relayé par Akhbar Al Yaoum, dans son édition de ce mardi 14 avril. Dans ce document, dont le quotidien affirme détenir copie, il est fait état de négociations secrètes menées, depuis mars 2014, pour modifier des termes de l’accord de cessez-le-feu signé le 15 octobre 1991 entre le Maroc et le Polisario.
Selon la même source, des pressions auraient été exercées sur les deux parties afin de les amener à négocier une nouvelle mouture de quelques termes dudit accord présentés comme étant à l’origine des «violation militaires enregistrées de part et d’autre". Précisant que les négociations ont été menées séparément avec les parties au conflit, le document, qui aurait été joint au nouveau rapport du SG de l’ONU, Ban Ki-moon, pour être soumis à l’appréciation du Conseil de sécurité, relèverait quelques «lacunes» susceptibles de compromettre la mission des Casques bleus pour préserver la paix, voire leur sécurité, notamment à l’autre bout de la frontière sud-est du Sahara marocain.

Pourquoi l'ONU s'inquiète
Sur ce dernier point, faut-il rappeler que les Casques bleus déployés sur la zone tampon, évacuée par les Forces armées royales dans un geste de bonne foi et pour ne pas se trouver nez à nez avec les éléments armés du Polisario, encore moins avec ceux de l’Armée de libération nationale (ALN, Algérie), ont souffert le martyre en 2004, en raison des inondations qui ont sérieusement endommagé leurs bureaux, pour ne pas parler de leurs moyens logistiques submergés par les crues. Et ce n’est surtout pas cette soi-disant «armeé sahraouie" en déliquescence qui pouvait leur porter assistance tellement elle en est incapable. Il faut ajouter à cela les violations en série perpétrées par la partie ennemie qui, considérant la région marocaine comme étant une «zone libérée», alors que, rappelons-le encore une fois, elle a été évacuée par les Forces armées royales pour ne pas se trouver nez à nez avec la partie ennemie et se trouver dans une situation où elle serait contrainte de riposter aux gesticulation du Polisario, il y a alors bien des soucis à se faire.
Et ce n’est pas tout! Cette zone, jadis verrouillée et sécurisée par les Forces armées royales, est devenue depuis quelques années un terrain de jeu privilégié pour les trafiquants de toutes sortes (armes, drogues, voitures volées)… Pire encore, elle risque de devenir une base de repli pour toutes sortes d’organisations terroristes, Aqmi, « Etat islamique », Boko Haram … D’où les inquiétudes du Maroc qui ne saurait en aucun cas admettre que des groupements terroristes, avec lesquels des milices du Polisario sont compromises jusqu’au bout des ongles, soient implantés à proximité de ses frontières.

14/04/2015