Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a déclaré mercredi 2 mai: le "Polisario veut créer une nouvelle situation dans la région en imposant une présence du Hezbollah et en s'engageant dans une guérilla urbaine contre le Maroc". Détails.

 

Interrogé à Marrakech par la presse, en marge de la Conférence euro-africaine sur la migration, Nasser Bourita a confirmé que le Royaume est en "possession de preuves irréfutables attestant de l'implication de ce mouvement islamiste auprès des séparatistes". Il y a eu en premier lieu l'arrestation, le 12 mars 2017, de Kacem Tajeddine à Casablanca. Il s'agit d'un homme d'affaires de 62 ans considéré comme l’argentier du Hezbollah et qui était recherché suite à un mandat d'arrêt international émis par la justice américaine, a précisé Bourita.

 

La seconde preuve, a-t-il ajouté, concerne l’entraînement à la technique des guérillas, supervisé par des éléments du Hezbollah dans les camps de Tindouf. Mais la goutte qui a fait déborder le vase s’est produite, selon le ministre des Affaires étrangères, il y a 15 jours quand le Polisario a reçu des missiles SAM. "On savait, a martelé le chef de la diplomatie marocaine, qu'il y avait par le passé des relations entre les deux groupes notamment lors des manifestations organisées par le Hezbollah au Liban et à Tindouf". Le ministre a mis en exergue d'autres activités liées notamment à la création d'un comité de soutien au Polisario. Mais aujourd'hui, "les deux parties sont passées à une phase très dangereuse". 

 

Nasser Bourita a accusé l'ambassadeur d'Iran à Alger d'avoir facilité les contacts et fourni la logistique. Il s'est demandé pourquoi le Polisario "n'a pas démenti toute relation avec le Hezbollah sachant que ce dernier est considéré comme un mouvement terroriste par la communauté internationale". 

 

À propos de sa visite à Téhéran, Bourita a déclaré que le voyage a été bien préparé avec "des preuves tangibles déposées sur la table des interlocuteurs iraniens". "Nous avons informé Téhéran conformément aux usages diplomatiques", a poursuivi le ministre, soulignant que "La rupture des relations diplomatiques n'est pas une mesure facile à prendre, mais celle du Maroc prouve la gravité des faits. Il s'agit d'une décision souveraine, loin de toute pression".

 

Contrairement aux allégations du Polisario, les résolutions du Conseil de sécurité adoptées ces dernières années ont "toutes conforté la position du Maroc, et reconnu la pertinence de son initiative d'autonomie". "Si l’Algérie et le Polisario ont exprimé leur satisfaction à propos de la récente résolution du Conseil de sécurité de l'ONU, pourquoi ils ne se sont pas précipités pour appliquer ses dispositions?", s'est interrogé le ministre. La réponse est toute trouvée: l'approbation n'est que de façade.

03/05/2018