La réaction du Maroc aux propos du SG de l’ONU Ban Ki-moon, lors de sa dernière visite dans la région, a été  »proportionnelle à la gravité de ses dérapages », a affirmé, vendredi à Rabat, le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et de la coopération M. Nasser Bourita.

‘‘Il y avait une proportionnalité de traitement avec la gravité des derniers dérapages de Ban Ki-moon », a souligné M. Bourita, lors d’une conférence de presse consacrée aux développements en cours suite aux propos et actes tenus par le SG de l’ONU au sujet de la question du Sahara marocain.

 

Soutenant que  »c’était-là la moindre des choses que le Maroc puisse faire », il a assuré que le Maroc, qui sait bien faire le distinguo entre l’ONU et le SG de l’ONU,  »n’ayant pas besoin de leçons au sujet de son engagement aux côtés de l’ONU, n’a de problèmes ni avec le Conseil de sécurité ni avec les Nations-Unies, mais plutôt avec les dérapages de Ban Ki-moon ».

 

Le Royaume est l’un des grands contributeurs aux missions onusiennes de maintien de la paix dans le monde où nombre de ses soldats sont tombés martyrs en servant sous la bannière de l’ONU, a-t-il indiqué, relevant que le Maroc est l’un des rares pays au monde à avoir pris part à des missions de maintien de la paix dans quatre Continents.

 

Il a aussi rappelé que le Maroc préside le Forum mondial de lutte contre le terrorisme, abritera l’organisation de la COP22, outre sa contribution aux différentes instantes de l’ONU et sa participation aux réalisations onusiennes sur le développement humain.

 

Considérant que les derniers dérapages de Ban Ki-moon au sujet de la question nationale étaient plus que de  »simples lapsus » du fait qu’ils touchent au fond du dossier, il a énuméré une série d’au moins quatre actes controversés.

 

Ainsi en est-il de l’utilisation du terme  »occupation » porteur de lourdes conséquences sur les plans politique et juridique du fait qu’elles touchent et modifient le fond du dossier, a-t-il signalé, notant que  »bien plus qu’une simple erreur ou lapsus, il s’agissait là d’un acte qui requiert une réaction ferme ».

 

Il en va de même du déplacement de M. Ban Ki-moon à Bir Lahlou à partir de Tindouf et non pas à partir des provinces du Sud du Royaume, un acte qui  »laisse entendre que cette région est un prolongement de Tindouf », a-t-il poursuivi. Or, a-t-il expliqué, cette région est située dans la zone tampon et fait partie du territoire du Sahara marocain, que le Royaume a cédée aux Nations-Unies pour faciliter la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu.

 

Le troisième reproche, selon M. Bourita, porte sur l’allusion du SG de l’ONU au  »référendum », un concept devenu caduque et dépassé et que le Conseil de sécurité a abandonné depuis 2004 et dont l’Assemblée générale de l’ONU ne parle plus depuis 2007.

 

Le quatrième dérapage de Ban Ki-moon porte sur son appel à une conférence des donateurs au moment où les autres parties rejettent le recensement des populations séquestrées dans les camps de Tindouf, rappelant que le SG de l’ONU lui-même n’a eu de cesse d’appeler à ce recensement depuis 2009.

 

‘‘Si la situation dramatique dans les camps perdure, c’est qu’elle est la conséquence de la politique d’un pays qui abrite ces camps et débourse des milliards pour les besoins de la propagande et de la guerre contre le Maroc », a souligné M. Bourita, qui évoque une volonté délibérée de ce pays de maintenir le statuquo.

 

Et de conclure que si le processus de règlement actuel est en cours, c’est grâce à la proposition marocaine d’autonomie qui en a déclenché la dynamique, précisant que le Maroc, qui a adhéré à ce processus, ne se sent nullement concerné par une quelconque autre démarche.

18/03/2016