La nouvelle approche adoptée par les Nations unies pour la relance des négociations sur le Sahara marocain, est un aveu implicite de l'échec des pourparlers informels qui ont mené le processus vers l'impasse mais également une reconnaissance du bien-fondé de la position du Maroc.

En tirant la sonnette d'alarme, le Maroc a réussi à «donner un nouveau souffle» au processus de négociations, tout comme il l'a fait en 2007 à travers son plan d'autonomie, estiment des diplomates onusiens, saluant la «décision responsable» du Royaume qui a été «entendue et écoutée». 

 

En adoptant une nouvelle méthodologie reposant sur «des navettes diplomatiques», l'Onu reconnait «implicitement» que les neuf rounds de négociations informels tenus depuis août 2009 «n'ont pas donné de résultats». 

 

«Mon sentiment est que convier un autre round de discussion informelle immédiatement ne fera pas avancer la recherche d'une solution», a dit l'envoyé personnel du secrétaire général de l'Onu, Christopher Ross, devant les Etats membres du Conseil de sécurité de l'Onu, au lendemain de sa visite dans la région, en octobre dernier. 

 

Une visite qui intervient suite à l'entretien téléphonique, le 25 août dernier, entre S.M. le Roi Mohammed VI et le SG de l'Onu, Ban Ki-moon, et qui a été l'occasion d'insister sur l'impératif de réaliser des progrès dans le processus de règlement sur des bases solides et saines, de se conformer aux paramètres clairs contenus dans les résolutions du Conseil de sécurité de l'Onu et, en particulier, le réalisme et l'esprit de compromis, et la reconnaissance du caractère sérieux et crédible des efforts déployés par le Royaume dans le cadre de l'initiative d'autonomie, rappelle-t-on. 

 

En exigeant de remettre le processus sur les rails, le Maroc a pris la mesure de l'urgence à mettre fin au calvaire des populations de Tindouf, en Algérie, et de l'émergence d'un «réel problème de sécurité internationale» dans la bande sahélo-saharienne devenue un sanctuaire pour terroristes, bandes criminelles organisées et trafiquants en tous genres. 

 

  Tout comme le Maroc, l'Onu reconnaît que «face à cette nouvelle situation, ce ‘conflit pourrait, si on le laisse pourrir, nourrir une frustration croissante et susciter un regain de violence ou d'hostilités qui seraient tragiques pour les peuples de la région’». 

 

«Nous avons demandé à Ban de continuer à veiller personnellement aux efforts déployés» pour leur assurer le succès voulu en vue de la résolution de ce différend artificiel, soulignait récemment le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Saad Dine El Otmani.

 

Pour nombre d'observateurs, la «réaction marocaine a été productive, elle a permis d'insuffler une nouvelle dynamique au processus de négociations et mis un terme à des pourparlers qui se sont installés dans la durée mais sans produire les résultats escomptés, regrettant que ce soient «les populations qui en paient le prix fort». 

 

Doublement instrumentalisées, ces populations font les frais de calculs aussi bien «politiques que mercantiles». Privées de recensement, elles sont interdites d'exprimer librement leur choix, mais «servent d'otage» à la direction inamovible du polisario tout en l'enrichissant à travers les aides humanitaires régulièrement détournées. 

 

 Et le maintien du statu-quo ne peut que servir l'intérêt de cette «nomenklatura» hostile à toute recherche de solution qui puisse «mettre en péril cette rente de situation». 

 

Sinon comment expliquer que la proposition de large autonomie qualifiée de «sérieuse, crédible et réaliste» par les différentes résolutions du Conseil de sécurité de l'Onu et saluée à maintes reprises par les principales capitales, continue d'être combattue par les autres parties. 

 

«Cette initiative, n'est pas figée. Elle est négociable, ajustable et perfectible sauf sur les deux fondamentaux de l'intégrité territoriale et de l'unité nationale», a rappelé à la MAP, l'ambassadeur du Maroc à l'Onu, Mohamed Loulichki. 

 

 «Conforme à la légalité internationale», l'initiative marocaine «privilégie, a poursuivi le diplomate, une approche où il n'y aurait ni vainqueur ni vaincu et requiert de chacune des Parties de parcourir une part du chemin vers la résolution de ce différend» artificiel. 

 

Publié le : 18.12.2012 - 10h39 - MAP

18/12/2012