Octobre noir pour le régime algérien

Les revers et les mauvaises nouvelles s’amoncellent à Alger, qui vit aujourd’hui au rythme des guerres des clans et des différents centres de pouvoir. Du rapport accablant de Human Rights Watch (HRW), à la décapitation sauvage du guide de montage français Hervé Gourdel par un groupe jihadiste algérien ayant prêté allégeance à l’Etat islamique, en passant par la visite en Algérie du juge français, Marc Trévidic pour poursuivre son enquête sur l'assassinat des moines de Tibéhirine, et la dernière provocation aux frontières avec le Maroc, autant d’indicateurs qui attestent de l’essoufflement d’un régime algérien embourbé dans ses contradictions et sa vision passéiste du monde.
On savait ce régime en rupture totale avec le peuple algérien, mais la manifestation devant le palais présidentiel de plusieurs centaines de policiers, un corps institutionnel qui était jusqu’ici considéré comme "un pilier du système Bouteflika", renseigne sur l’étendue de la déliquescence dans laquelle se trouve l'Etat algérien et constitue "un coup symbolique au pouvoir", comme l’a écrit le journal Le Monde.
La brèche est désormais ouverte, car ce coup de colère de la police exacerbe davantage l’état d’un régime algérien à bout de souffle et fait écho à ce malaise général et profond du peuple algérien désarmé face à la cupidité et au cynisme de sa classe dirigeante. La publication française de référence fait observer, en outre, que six mois après qu’Abdelaziz Bouteflika, 77 ans, ait entamé son quatrième mandat, "les Algériens semblent rongés par une colère sourde.
Qui dirige l’Algérie? Dans quel état de santé se trouve exactement le président de la République ? Combien de temps le pays pourra-t-il fonctionner avec à sa tête un homme invisible ?". Préoccupé par sa survie, le régime d’Alger a tout fait pour retarder la visite du juge français Marc Trévidic, dont l’enquête pourrait lever le voile sur une compromission de l’armée dans l’assassinat des moines trappistes, suppliciés parmi les suppliciés de la décennie noire, qui a fait plusieurs dizaines de milliers de morts et de disparus.
Des porte-voix de la conscience humaine ont lancé des pétitions et appelé à la création d'un Tribunal pénal international pour l'Algérie et demande à l'UE de sanctionner les dirigeants militaires au pouvoir dans ce pays.
Face à cet étau qui se resserre de manière inéluctable, le DRS, qui a à son actif une succession de bourdes et de défaillances sécuritaires ayant rendu le sol algérien une terre accueillante aux adeptes du séparatisme et du terrorisme, qui promettent aujourd’hui feu et sang à toute la région. Du rapt des travailleurs humanitaires européens en plein coeur de Tindouf, à la décapitation du guide français, et la séquestration de la jeune Mahjouba dans les camps de Tindouf, en passant par une vile manipulation contre le Maroc et ses intérêts pour essayer de créer un écran de fumée qui occulterait les dernières convulsions d’un régime en pleine déliquescence, la liste des bavures de ce service de renseignement est loin d’être exhaustive.
Mais le Royaume n’en a cure. Fort de sa civilisation vieille de plusieurs siècles, de sa collectivité nationale cimentée par une Monarchie dépositaire d’une légitimité séculaire, le Maroc s’évertue à consolider son processus démocratique inclusif et riche de son identité plurielle.
Le génie marocain aujourd’hui, comme hier, est pleinement engagé dans l’entreprise noble de mise en valeur de son riche patrimoine culturel, artistique et linguistique et se déploie pour consolider sa place dans le concert international, fier de son passé tout en étant résolument dirigé vers l’avenir.
Les tirs algériens aux frontières ne sauront détourner l'attention des observateurs sérieux des convulsions d'un régime qui se meurt à force de nier les aspirations de son peuple à la paix et d'occulter la réalité complexe d'une région menacée qui ne peut réaliser sa sécurité collective que dans la coopération.

20/10/2014