ONU : Christopher Ross sur le départ ?

Christopher Ross serait-il le troisième envoyé de l’ONU pour le Sahara occidental à rendre le tablier ? James Baker l’avait fait en 2004 à cause du Maroc. Le Polisario et l’Algérie avaient poussé Peter Van Walsum vers la sortie en 2009. De nouveaux indicateurs suggèrent que le médiateur américain n’a plus la confiance de l’Algérie.

Christopher Ross serait-il sur le départ ? Pour le moment, il n’y a rien d’officiel. Sauf qu’« il aurait fait part à des membres du Polisario de son souhait de jeter l’éponge. Il sent que sa médiation n’a pas aboutie », nous confie une source au Sahara. Le diplomate américain est en poste depuis 2009.
Ban Ki-moon avait fait appel à lui après la démission du Néerlandais Peter Van Walsum. Durant toute cette période, il n’a réalisé aucune avancée. C’est le statut quo qui prévaut sur l'épineux dossier du Sahara occidental. Pire encore, cela fait deux ans qu’il n’a pas réussi à réunir des pourparlers entre le Maroc et le Polisario, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe.
« S’il n’y a aucune évolution tangible sur le dossier, l’envoyé personnel du secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara occidental pourrait annoncer sa démission après l’adoption, fin avril, au Conseil de sécurité d’une nouvelle résolution sur le Sahara occidental », ajoute la même source.
Ross a-t-il perdu la confiance de l’Algérie ?
L’Algérie aurait un rôle majeur dans la frustration que ressent Christopher Ross. En février dernier, le diplomate américain a eu droit à un accueil très chaleureux de la part des responsables du voisin de l'Est, avec en prime une réunion avec le président Abdelaziz Bouteflika, suivie par des entretiens avec le chef du gouvernement et le ministre des Affaires étrangères.
Fin mars, Ross est de retour à Alger mais cette fois il n’est plus traité avec les mêmes égards. Les portes du palais Al Mouradia lui sont depuis fermées et ses traditionnels interlocuteurs l’ont complétement boudé. Il n’a eu qu’un seul rendez-vous avec le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel. Un homme dépourvu d’influence au sein du gouvernement algérien.
A l’origine de cet accueil froid, les récentes propositions de Christopher Ross faites aux membres du Polisario à l’occasion de sa tournée de février, qui ont été rejetés en bloc par les Algériens. Pour rappel, le médiateur excluait l’option de l’indépendance du Sahara occidental, appelant le Front à négocier l’autonomie ou la fédération.

03/04/2015