Parents et proches de Mohamed Essafi en quête de vérité sur son sort

Vivre dans l’ignorance du sort de son fils est la dure réalité qu’affronte la famille Esssafi depuis presque quatre décades. 

Depuis son enlèvement par le Polisario en 1976, les parents, les frères, les sœurs et les autres proches n’ont pas perdu espoir de retrouver Si Mohammed dont ils ont perdu la trace depuis plus de 38 ans.

Les proches de Mohammed Essafi, qui appellent sans relâche « les ONG internationales et nationales à assumer leurs responsabilités dans ce dossier (…) «attendent avec impatience les retrouvailles avec leur fils», nous a assuré son frère Abdellatif. 

Amnesty interpellée sur les crimes perpétrés par le Polisario

 

Vive inquiétude, dénonciation, condamnation, appel à la libération ou au droit au deuil, ont été les maîtres-mots utilisés par ce dernier  qui vient, en effet, de lancer, au nom de tous les membres de sa famille, une pétition avec l’appui de l’ONG internationale Avaaz, à travers laquelle il interpelle «les ONG de défense des droits de l’Homme et à leur tête Amnesty International, ainsi que les autorités d’Alger, le Polisario et la communauté internationale pour qu’ils prennent leurs responsabilités dans ce dossier».

Considérant qu’il n’est pas acceptable de nos jours de confisquer le droit à la vie, Abdellatif exhorte «Amnesty International et l’ensemble de la communauté internationale à prendre les mesures  nécessaires» et à intervenir pour «sauver la vie de son frère ou du moins connaître le lieu de sa sépulture».

Selon lui, «la collecte de signatures via cette pétition en ligne et son dépôt auprès d’Amnesty International, vise à amener cette ONG internationale à intervenir auprès des séparatistes à la solde d’Alger, pour qu’ils «informent sur le sort de son frère et mettre fin à la souffrance de sa famille». 

Il lance ainsi un appel à ces ONG et aux pays membres du Conseil de sécurité à exercer «toutes les pressions nécessaires contre les autorités algériennes pour les amener à se conformer à la légalité internationale, et à respecter le droit fondamental à la vie». 

Les 38 ans de séparation n’ont pas été à même de faire oublier à cette famille l’atrocité dont a été victime  Mohammed Essafi ne perdant pas l’espoir de voir la lumière  faite sur le sort de son fils et que les responsabilités soient établies.

Natif de la ville de Guelmim en 1957, Mohammed Essafi, rappelle-ton, a fait ses études primaires et secondaires avant de se consacrer au commerce avec son oncle. « Au début de l’année 1976, alors qu’il accompagnait un convoi composé de plusieurs camions chargés de marchandises (thé, piles ...), qui a été la cible d’une attaque armée du Front Polisario sur le chemin de la ville de Tan Tan, il a été conduit  sous la menace des armes vers les camps de Tindouf », se rappelle son frère Abdellatif. 

Et depuis, «personne ne peut dire s’il a été exécuté ou  s’il est maintenu en détention  jusqu’à présent dans un lieu tenu secret», soutient-il.

Le cas d’Essafi est, en fait, un cas révélateur qui doit remettre sur le devant de la scène le sort d’innombrables prisonniers et de portés disparus marocains qui croupissent en Algérie depuis le début du conflit. 

12/08/2014