Le Parlement européen a recommandé l’élargissement du mandat de la Minurso au contrôle des droits de l’Homme. De quel droit se permet-il d’interférer dans une question du ressort exclusif de l’ONU, qui plus est rejetée par le Conseil de sécurité ? Eclairage.

L’amendement introduit dans le rapport du Parlement européen sur les droits de l’Homme et la démocratie, à l’instigation de partis nordiques nostalgiques de la vieille époque communiste, est problématique à tout point de vue. A toutes fins utiles, il faut préciser que les prérogatives de la Minurso relèvent exclusivement du Conseil de sécurité, qui est le seul habilité à statuer sur la question.

Or, le Parlement européen semble oublier que cette revendication séparatiste avait été rejetée la première fois en 2010 par le même Conseil de sécurité, avant d’être relancée en avril 2013 et balayée par la plus haute instance décisive des Nations Unies.

L’on se souvient parfaitement de l’intervention décisive du roi Mohammed VI pour faire échec à cette manœuvre destinée davantage à remettre en question le principe de souveraineté du Maroc sur son Sahara qu’à servir la situation des droits de l’homme qui, au Sahara comme partout à travers le royaume, est de loin meilleure que celle prévalant dans les camps de Tindouf, pour ne parler que de l’Algérie, qui détient la palme des violations humanitaires.

La recommandation du Parlement européen, à l'instigation du lobby algéro-séparatiste, devient absurde dès lors qu’elle prend le parti des bourreaux des droits de l’homme, qui semblent prendre plaisir à se calfeutrer dans leur posture victimaire au gré d’une gauche nordique nostalgique de la belle époque de l’utopie communiste.

Or, c’est par la Gauche verte nordique et le groupe confédéral de la Gauche unitaire (NGL/GUE) que l’amendement/scandale est arrivé. Il en ressort que la résolution du Parlement européen n’engage que ses membres qui ont voté (258 pour 251 contre).

Mais passons, car ce n’est pas la première fois que le Parlement européen recommande l'extension du mandat de la Minurso à un monitoring des droits de l’Homme au Sahara. Il faut bien rappeler que cette revendication a été lancée la première fois à la fin de l'année 2010, à l’occasion des tragiques événements de Gdeim Izik quand des séparatistes téléguidés à partir de Tindouf ont pris d’assaut cette localité située à 15 Km de Laâyoune tuant pas moins de 11 éléments des forces de l’ordre.

Une année plus tôt, en 2009 précisément, le Parlement européen en a fait de même en voulant se solidariser avec Aminatou Haïdar «en grève de la faim» à l’aéroport de Lanzarote aux Iles Canaries après son refoulement de l’aéroport Al Massira à Laâyoune où elle a refusé de remplir la case «nationalité» à son retour d’un voyage aux Etats-Unis. Et rebelote l'appel à élargir la mission de la Minurso aux droits de l'homme.

A l’évidence, on en est à un énième remake de ce scénario de déjà vu ! Mais voilà, la récidive du Parlement européen remet sur la table, aujourd’hui plus que tout autre temps, la question de nos relations avec l’Union européenne. Il est bien clair que nos adversaires essaient d'effectuer au niveau de l’UE ce qu’ils n’ont pas pu réaliser au niveau de l’ONU. Vu sous cet angle, l’activisme de la partie adverse au sein des instances européennes impose à la diplomatie marocaine de revoir sa stratégie vis-à-vis des voisins du Nord. Le Maroc ne peut pas être que ce bon élève de l'Union Européenne à qui on distribue de bons points sur des sujets aussi criants que la lutte contre le terrorisme et l'émigration illégale. Il n'y a aucun satisfecit à tirer pour le royaume de ces déclarations laudatives à son égard. Le partenariat avec l'UE est consubstantiel au soutien des pays européens à l'intégrité territoriale du royaume. Aucune concession n'est possible sur ce sujet.

18/12/2015