Une formation politique aux Iles Canaries et le représentant du Polisario sur l’archipel vent debout contre la décision du gouvernement El Othmani d’intégrer le Sahara dans ses eaux territoriales. Pour l’instant, l’exécutif Rajoy observe le silence.

Jeudi 5 juillet, le conseil de gouvernement a adopté deux projets de lois et un projet de décret relatifs au domaine maritime. En Espagne, la mobilisation contre la décision du cabinet El Othmani d’inclure les eaux du Sahara a déjà commencé.

La formation Nueva Canaria la qualifie d’ailleurs d’ «expansionnisme marocain». María José López Santana, une sénatrice du parti a demandé, hier, la comparution du ministre des Affaires étrangères au Sénat Alfonso Dastis pour exprimer la position de l’exécutif Rajoy à ce sujet, indique un média espagnol.

La parlementaire s’est dite étonnée de la «passivité» de Madrid face aux «mouvements» du Maroc et du Portugal visant à étendre leurs frontières maritimes en Atlantique. Mme Santana estime que cet «expansionnisme» répond à «des intérêts stratégiques» aux dépends des Iles Canaries.

Nueva Canaria et le Polisario sur la même longueur d’onde

Pour cela, elle a demandé aux gouvernements espagnol et canarien de «réagir rapidement» à la «provocation marocaine». Se faisant l’avocat des thèses du Polisario, la sénatrice souligne que les mesures prises par le cabinet El Othmani «ne sont pas seulement préoccupantes pour le gouvernement des Iles Canaries mais constitue également une attaque directe à la souveraineté des territoires du Sahara occidental que le Maroc continue d’occuper illégalement».

Le mouvement séparatiste est aussi vent debout contre les projets de loi adoptés jeudi par Rabat. Madrid «ne doit pas accepter le décret du Maroc», a martelé son représentant aux Iles Canaries, Hamdi Mansour. «C’est une flagrante violation» du statut du Sahara occidental en tant que «territoire non-autonome», a-t-il souligné dans des déclarations à la presse rapportées par l’agence EFE.

La question de la délimitation des eaux atlantiques entre le Maroc et l’Espagne est un vieux casse-tête qui remonte à l'année 2001 mais sans qu’aucune progression n'ait été enregistrée lors des négociations d'que ce soit dans un cadre bilatéral (réunions de 2005) ou aux Nations Unies.

Pour l’instant, le gouvernement espagnol observe le silence au sujet des l’intégration du Sahara dans les eaux territoriales du Maroc. A une année de l’expiration de l’accord de pêche en vigueur, Madrid cherche probablement à éviter de nouvelles tensions avec Rabat.

10/07/2017