Le sénateur espagnol Iñaki Bernal de la coalition d'extrême gauche Unidos Podemos a adressé une question au gouvernement de Rajoy. Il dénonce les tonnes de sable du Sahara vendues à des entreprises espagnoles pour les déverser sur la plage Tauro de Gran Canaria.

 

Podemos, parti d'extrême gauche espagnol, se mobilise contre le commerce de sable du Sahara vers les Canaries dans une lettre adressée au gouvernement de Mariano Rajoy. "Deux bateaux de 4.500 tonnes arrivent chaque semaine à Gran Canaria", nous affirme Iñaki Bernal, le sénateur à l'origine de la requête et membre du parti Izquierda Unida, membre de la coalition Unidos Podemos, sans avoir plus de précisions sur la durée de ce commerce.

 

Selon ses informations, les deux entreprises espagnoles Anfi et Constructuro Santa Cazorla achètent ce sable dans le Sahara pour le déverser sur 300 mètres de la plage locale de Tauro, dans l'archipel des Canaries.

 

Le parti Podemos, porté par Pablo Iglesias, dénonce le fait que le commerce de ces tonnes de sable est "illégal" puisqu'il ne respecte pas la décision de la Cour de justice de l'Union européenne (UE) du 21 décembre 2016. Cette dernière dispose que tous "les accords d’association et de libéralisation conclus entre l’UE et le Maroc ne sont pas applicables au Sahara occidental". 

 

Pourtant, la Commission européenne a proposé un mandat de négociation en mai afin d'étendre les accords agricoles aux produits en provenance du Sahara. Même si le mandat de négociation prévoit de s'assurer de l'accord et de la consultation de la population du Sahara, Iñaki Bernal conteste ce processus.

Le Maroc dans le viseur

 

"Pour l'instant, nous ne savons pas qui vend ces tonnes de sables aux entreprises espagnoles", nous avoue Iñaki Bernal. "Nous avons posé une question écrite au gouvernement espagnol, afin de savoir qui les importe, alors que nous sommes certains que ce n'est pas le peuple sahraoui".  "Même si nous savons que nous aurons une réponse générique, nous voulons insister pour faire pression sur le gouvernement de Rajoy", affirme le sénateur.

 

Les membres de la coalition Unidos Podemos avaient déjà sévi contre un bateau en provenance du Sahara transportant à son bord plus de 35.000 tonnes de sable comme le rappelle Yabiladi. Les soutiens du Polisario s’en étaient pris à une cargaison de sable de Laâyoune lors de son arrivée dans les îles Baléares. La plainte demandait à ce que les autorités compétentes empêchent le déchargement de la cargaison et que le sable soit retourné à son lieu d’origine.

04/08/2017