Le presse latino-américaine s'est fait largement l'écho de la présence de responsables du Polisario dans l'avion de l'armée de l'air algérienne qui s'est crashé mercredi dernier à Boufakir, près d'Alger, relevant que cette présence met en évidence l'implication d'Alger dans le conflit du Sahara.

A l’échelle internationale, les autorités algériennes ressentent un sérieux embarras après la divulgation d’informations vérifiées et recoupées sur la présence de hauts responsables du Polisario parmi les victimes mortelles du crash de l’avion militaire, survenu mercredi dernier et provoquant 257 morts, juste après son décollage de la base militaire de Boufarik à Algérie, affirme le site d’information péruvien spécialisé peruinforma.com.

 

En Amérique Latine, le quotidien bolivien elmundo.com.bo était le premier à avoir révélé, dans son édition électronique du 12 avril, la présence d’éléments militaires du Polisario à bord de l’avion militaire algérien sinistré, portant leur nombre à 26 personnes, précise peruinforma.com qui a affirmé que "ces hauts responsables se sont déplacés à Alger en vue de prendre part à une réunion à caractère urgent, convoquée par des hauts commandements militaires algériens afin de coordonner des actions et mettre au point des hostilités militaires en termes de riposte à toute éventuelle intervention militaire du Maroc visant à déloger les éléments armés du Polisario des zones tampons, placées sous le contrôle des forces des Nations Unies (la MINURSO), et que le Polisario considère comme des territoires libérés".

Le portail péruvien rappelle que le Maroc, qui avait dénoncé auprès des Nations Unies, à plusieurs reprises, ces incursions du Polisario et les a condamnés car constituant des actes de violation de l'accord de cessez-le feu (1991), "a fait état, la semaine dernière, de son droit de recourir à tous les moyens à sa disposition en vue de rétablir le statu quo des zones tampons".

 

"Cette situation a provoqué une grande nervosité chez l’Algérie et au sein du Polisario, surtout si l’on apprend que le Maroc aurait obtenu le feu vert de ses principaux alliés, la France et les Etats-Unis, pour mener de telles interventions armées", explique peruinforma, tout en soulignant que "le premier à avoir révélé la présence d’éléments armés du Polisario parmi les victimes du crash était Djamel Ould Abbas, Secrétaire Général du parti au pouvoir FLN, lors d’une interview donnée à la télévision Ennahar".

 

Et d’ajouter que la sortie médiatique de M. Ould Abbas fut critiquée au niveau des plus hautes sphères du pouvoir, dans la mesure où elle a mis le pouvoir en Algérie dans l’embarras, à l’échelle internationale, et confirmé les connivences militaires de celle-ci avec le Polisario ainsi que son implication directe dans le conflit.

 

"En effet, dans son édition électronique du 12 avril, le prestigieux portail algérien TSA a souligné qu’en annonçant la présence de hauts responsables militaires du Polisario parmi les victimes, le Secrétaire Général du FLN, a divulgué des informations qui auraient dû rester secrètes pour plusieurs raisons, et a mis dans l’embarras l’Algérie et le Front Polisario, rappelle la même source avant de préciser que cette information ainsi annoncée a obligé le Polisario à reconnaitre la présence de ses membres à bord du vol, sans révéler pour autant leurs noms et rangs respectifs, à l’exception des passagers civils".

 

Revenant sur les réactions du Maroc à cette bourde de l’Algérie prise la main dans le sac, le portail péruvien signale que "depuis longtemps, le Maroc accuse l’Algérie d’être le véritable instigateur du conflit du Sahara".

 

"Dans un message adressé, pendant la semaine dernière, au secrétaire général de l'ONU, le Roi Mohammed VI a affirmé : «L’Algérie a une responsabilité flagrante. L’Algérie finance, l’Algérie abrite, l’Algérie arme, l’Algérie soutient diplomatiquement le Polisario», rappelle le site péruvien. Pour cette raison, souligne la même source, "le Maroc exige la participation de ce pays en tant que partie pleinement prenante aux négociations, en vue de la recherche d’une solution au différend".

 

"En fait, la réaction des autorités marocaines à cette annonce ne s’est pas faite attendre", ajoute peruinforma tout en rappelant que lors d’un point de presse tenu jeudi dernier à l'issue du Conseil de gouvernement, le ministre porte-parole du Gouvernement Mustapha Khalfi a montré du doigt la responsabilité directe de l’Algérie dans la création de ce conflit ainsi que dans sa perpétuation".

 

Enfin, la plateforme d’informations péruvienne rappelle qu’"en 2002, le Président algérien Abdelaziz Bouteflika lui-même s’était attribué le droit de parler au nom du Polisario pour ensuite proposer à James Baker de procéder à la répartition du territoire et de la population entre le Maroc et le Polisario". "Cette proposition a été consignée, en 2002, dans le rapport du Secrétaire Général de l’ONU Kofi Annan", conclut le site péruvien.

Par M'Hamed Hamrouch

15/04/2018