Alger vient d’apporter un appui à Mohamed Lamine El Bouhali dans sa guerre contre Brahim Ghali. Le voisin de l’Est a dépêché dans les camps une délégation de son armée. Le chef du Polisario a répondu au message des Algériens en boudant le meeting organisé en l’honneur des militaires et ordonnant à son agence de presse de ne pas couvrir l’événement.

Une délégation de l’armée algérienne s’est rendue, hier, dans les camps de Tindouf. Officiellement, l’objectif de la visite est d’apporter un soutien à la direction du Polisario alors que la crise de Guerguerate s'éternise. Bizaremment, cette visite a été boudée par l’agence de presse du Front (SPS). Pour être informé de cette visite, il faut se référer à d’autres médias sahraouis qui ont couvert le déplacement avec des articles et des photos à l’appui.

En réalité, le silence de SPS s'explique par le contexte tendu au sein du Polisario. En effet, le principale bénéficiaire de l’arrivée des Algériens n’est autre que Mohamed Lamine Ould El Bouhali, ennemi juré de Brahim Ghali. L’ancien «ministre de la Défense» était le premier à recevoir ses anciens camarades de l’armée algérienne en sa qualité de chef de «l’armée de réserve» du mouvement séparatiste. C’est d’ailleurs lui qui a organisé un meeting populaire au «camp Smara» en l’honneur de ses invités.

Alger refuse de laisser tomber El Bouhali

Quant à Brahim Ghali, il est resté cloitré dans son «palais jaune». Pour lui la visite de la délégation militaire algérienne est un non-événement. Il n’a même pas reçu le général et les officiers algériens alors que d’habitude il accordait du temps même aux délégations de moindre importance. Pour ne rien arrangé, son «ministre de la Défense» lui a emboîté le pas. Seul le «ministre de l’Intérieur» a pris part au meeting de Lamine El Bouhali.

Cet événement organisé, samedi 12 mars, est le dernier acte de la lutte déclarée entre El Bouhali et Ghali. Dans un premier temps, Alger avait envoyé un général à la retraite joué les intermédiaires entre les deux anciens alliés. Mais il semble que, par ce déplacement d’un général et du commandant de la région militaire de Tindouf ainsi que d’autres officiers, les responsables du voisin de l’Est ont voulu signifier au chef du Polisario qu’ils ne sont pas disposés à lâcher El Bouhali. Ce qui explique la réaction de Ghali et le silence de l’agence officielle de presse du Polisario.

 

13/03/2017