Le Polisario est de nouveau en colère contre une institution de l’Union européenne. Cette fois, c’est le Parlement européen qui est dans le viseur des amis de Brahim Ghali, suite à l’adoption par les eurodéputés d’un accord sur les services aériens avec le Maroc, autorisant les transporteurs européens à opérer dans tout le territoire du royaume y compris le Sahara.

Le Polisario a subi un revers au Parlement européen. Malgré ses appels à voter contre l’accord euro-méditerranéen relatif aux services aériens avec le royaume, les eurodéputés ont adopté, mardi lors d’une session plénière, à une forte majorité (511 voix) le texte conclu entre Rabat et Bruxelles. Au grand dam du Front et de ses partisans à Strasbourg, le Sahara occidental est concerné par ledit accord, apportant ainsi un appui tacite à la souveraineté du Maroc sur le territoire.

Des articles donnent en effet aux transporteurs aériens européens des «libertés illimitées (droits de débarquement et d’embarquement de passagers fret et courrier) entre l’Union européenne et le Maroc» et le «droit d’opérer à partir de tout point en Europe vers tout point au Maroc» sans distinction. Les transporteurs marocains bénéficient également des mêmes avantages dans la zone des Vingt-huit.

Colère des amis de Brahim Ghali

Du côté du mouvement séparatiste, l’heure est à la colère. Dans un communiqué, son «ministre délégué chargé de l’Europe», Mohamed Sidati estime que ce vote «renforce une occupation illégale, viole les droits internationaux du peuple sahraoui et sape le processus politique mené sous l'égide de l'ONU». Et d’inscrire cette approbation des eurodéputés dans les «tentatives de législateurs européens à contourner le droit de l'UE pour des relations avec le Maroc».

Même son de cloche chez des eurodéputés formant partie de l’Intergroupe sur le Sahara occidental.  Ils se sont dits «stupéfaits» des «contradictions persistantes de la politique de l'UE envers le Sahara occidental». Les partisans du Polisario ont une nouvelle fois brandi l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne du 21 décembre 2016 qui excluait le Sahara de tout accord de libre-échange conclu entre le Maroc et l’UE.

Ce vote du Parlement européen atteste que les négociations, lancées en mai dernier avec le consentement des Vingt-huit, pour dépasser les obstacles de la décision de la CJUE sont sur la bonne voie. Il intervient, d’ailleurs, au lendemain de la réunion tenue à Bruxelles entre Nasser Bourita et Federica Mogherini.

Ce revers intervient alors que le Polisario a annoncé vouloir ester en justice contre la compagnie Transavia qui vient d'opérer une liaison aérienne entre Paris et Dakhla. 

 

26/10/2017