Le Polisario est-il derrière l’incendie qui a coûté la vie à dix membres d’une même famille ?

Les camps de Tindouf sont en deuil au lendemain du décès, dans un incendie, d’une famille composée de dix membres. Certains milieux accusent les milices du Polisario d’être les auteurs de ce crime, estimant que les victimes fuyaient les camps. Aucune enquête n’a été menée par la direction du Front. Mais l’espoir de connaître la vérité dans ce drame ne tient qu'à un fil, celui d’une survivante actuellement soignée dans un hôpital en Mauritanie. Détails.

Presque un mois et demi après l’assassinat de deux commerçants sahraouis, tombés sous les balles de l’armée algérienne, voilà qu’une sombre affaire secoue de nouveau les camps de Tindouf. Dans la nuit de mardi, dix membres, dont un enfant de cinq ans, issus d’une même famille (Ahl Najem, ndlr) ont trouvé la mort dans l’incendie de leur khaima. Le drame a eu lieu dans la localité de Eddoukj, située derrière le mur des sables, non loin de Zouerate en Mauritanie, ville où se concentre d'ailleurs une forte communauté sahraouie.

S’agit-il d’un assassinat prémédité ?

Pour le moment aucune enquête n’a été diligentée par la direction du Polisario afin d’élucider les causes exactes ayant conduit à la mort de ces personnes. Il faut en effet savoir que Eddoukj est sous le contrôle des amis de Mohamed Abdelaziz. Ce sont donc les seuls à pouvoir lancer des investigations sur ce drame.

En l’absence d’une enquête ou d’une autopsie des corps, des milieux proches du Maroc n’ont pas hésité à accuser les milices du Front d’être derrière l’incendie. Pour eux il s’agit d’un acte criminel prémédité destiné à dissuader toute tentative de fuite des habitants des camps. Ils avancent même que la famille Ahl Najem aurait décidé de s’installer en Mauritanie ou au Maroc.

L’ampleur et la vitesse avec lesquelles l’incendie s’est déclenché la nuit en plein désert, alors que la famille dormait, suscite bien des interrogations, d’autant plus que les Ahl Najem ne transportaient pas d’essence avec eux. La proximité du lieu du drame avec le siège du premier commandement militaire du Polisario laisse d’ailleurs la porte grande ouverte à toutes les interprétations.

La seule rescapée alitée dans un hôpital à Zouerate

Mais cette affaire est loin d’être close. Une des membres de la famille a pu sortir vivante de l’incendie. Fatima Ment Najem est actuellement en soins intensifs dans un centre hospitalier à Zouerate. Elle est le seul espoir pour connaître un jour la vérité sur ce drame.

Son état de santé est encore critique pour qu’elle puisse révéler les conditions exactes de l’incendie qui a coûté la vie à dix membres de sa famille. Certaines sources dans les camps de Tindouf soulignent que l’unique rescapée a reçu la visite de responsables locaux mauritaniens alors qu’aucun cadre du Polisario n’a pris encore la même initiative. Jusqu’à présent, seul Mohamed Abdelaziz a adressé un message de condoléances à la famille des victimes, issus de la tribu des Oulad Tidrarine.

Une faction très puissante dans les camps de Tindouf. Cette nouvelle tragédie annonce l’ouverture d’un autre front de contestation tribal contre la direction du Polisario. Pour mémoire, l’assassinat de deux commerçants par l’armée algérienne a causé de graves tensions avec la tribu des Rguibates Souwaâd.

20/02/2014