Le Polisario a du mal à avaler le rapport de Ban Ki-moon

La direction du Polisario n’a pas encore réagi officiellement au texte du secrétaire général de l’ONU sur le Sahara. Seul son représentant auprès des Nations Unies a résumé, dans un communiqué, la déception du Front.

Le Polisario est déçu par la teneur du rapport de Ban Ki-moon sur le Sahara occidental. Dans une déclaration lue devant la presse, son représentant auprès de l’ONU, Boukhari Ahmed, a souligné que le Front « a pris note » des observations et recommandations du secrétaire général. Il a relevé que le document soumis vendredi aux membres du Conseil de sécurité abonde en « ambiguïtés » et en « insuffisances ».
Le Polisario s’accroche à un rôle de l’UA
Boukhari a, par ailleurs, contesté la mise à l’écart de l’Union africaine dans la résolution du différend territorial. « Ignorer ou obstruer les initiatives que prend l'UA pour contribuer au parachèvement de la décolonisation de la dernière colonie d'Afrique, serait une grave erreur que l'ONU se doit d’éviter », a-t-il martelé.
Le Polisario, l’Algérie et l’Afrique du sud ont vainement tenté de convaincre sur une certaine forme d’interaction entre l’UA et le Conseil de sécurité sur ce dossier. Il y a une dizaine de jours, l’organisation continentale demandait aux Quinze de tout mettre en œuvre pour la tenue d’un referendum dans la province. Une offensive diplomatique appuyée par l’envoi de Joaquim Chissano à New York.
Bien que le rapport de Ban Ki-moon n’ait pas pris en considération ses revendications, le Polisario a dit « partager l’appréciation du secrétaire général selon laquelle rien ne peut justifier le maintien du statu quo, 40 ans depuis le début du conflit ».
Les amis de Mohamed Abdelaziz ont, par ailleurs, complètement ignoré la recommandation du diplomate sud-coréen de recenser la population des camps de Tindouf. Une première de la part de Ban. Un nouvel appel en vue de mettre davantage de pression sur les autorités algériennes pour qu’elles autorisent les agents du HCR à mener l’enregistrement des habitants.
Pour mémoire, les résolutions du Conseil de sécurité datant de 2013 et 2014 avait invité le Haut-commissariat aux réfugiés à effectuer une telle opération mais sans qu’elle ne voit le jour. Voilà douze mois que la direction du Front présentait l'année 2015 comme « une année décisive ». Avec ce nouveau rapport, elle doit se résigner à accepter le report de sa prophétie à une date ultérieure.

13/04/2015