Le Polisario ne croit plus en la médiation de Christopher Ross

Le Polisario ne croit plus en la médiation de Christopher Ross

Lors d’une réunion restreinte tenue dernièrement au QG du Polisario, Mohamed Abdelaziz et ses lieutenants ont engagé un vif débat autour des prochaines étapes de la bataille diplomatique que livre le Front au Maroc avec le soutien inconditionnel du régime algérien.

Une source bien informée basée à Rabouni, rapporte que Mohamed Abdelaziz et ses proches collaborateurs sont très déçus de la médiation et des prestations de l’ONU et de son médiateur, Christopher Ross.

La méthodologie suivie par Ross pour réactiver les négociations directes, ajoute la même source, est très mal appréciée par les dirigeants du Polisario qui pensent que ses navettes diplomatiques jouent plutôt en faveur du Maroc.

En plus, ils regrettent l’échec de l’ONU dans ses efforts d’élargir le mandat de la MINURSO au contrôle des droits de l’homme au Sahara Occidental.

Au cours de cette réunion interdite aux média, ajoute la même source, les dirigeants du Polisario ont également exprimé leur vif mécontentement du « limogeage précoce» du Chef de la MINURSO, le diplomate allemand, Wolfgang Weisbrod-Weber qui était très favorable à leurs thèses. Ce dernier a été remplacé dernièrement par la Canadienne Kim Bolduc.

Selon notre informateur, Mohamed Abdelaziz n’a pas non plus caché sa profonde inquiétude devant l’impasse de la médiation de l’ONU et de l’échec de la récente tentative de la diplomatie algérienne de réintroduire l’Union Africaine dans la médiation dans le conflit du Sahara Occidental.

Mais ce qui a enragé le plus Abdelaziz et ses coéquipiers, précise notre source, c’est la décision du Maroc de mettre en pratique son Plan d’autonomie à travers le processus de régionalisation avancée qui touchera en premier lieu le Sahara Occidental, comme l’a annoncé il y a deux jours, le Roi Mohammed VI.

Dans un discours adressé mercredi à la Nation, à l’occasion du 15ème anniversaire de son intronisation, le souverain a annoncé en substance, que le Maroc s’apprête « à mettre en place la régionalisation avancée dans les différentes régions du Royaume, avec, en tête, les provinces du Sud ».

Une telle action est de nature à favoriser une gestion démocratique, par les populations de chaque région, a précisé le Roi Mohammed VI qui a réitéré l’attachement à l’initiative de conférer aux provinces du Sud un statut d’autonomie, une initiative qualifiée à maintes reprises, de « sérieuse et crédible » par le Conseil de Sécurité.