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Dans un message adressé aux détenus de Gdeïm Izik, le tout nouveau chef du Polisario, Brahim Ghali, a critiqué avec virulence le scrutin législatif du 7 octobre prochain. Eclairage.

 

Les élections organisées au Maroc deviennent une véritable source de préoccupation pour la direction du Polisario. C'est en tout cas ce qui ressort du message adressé par le tout nouveau chef du front, Brahim Ghali, aux détenus de Gdeïm Izik, arrêtés fin décembre 2010 et condamnés à de lourdes peines pour leur responsabilité dans le carnage qui a coûté la vie à 11 éléments des forces de l'ordre. Dans ce message, Brahim Ghali, ancien "ministre de la défense" poursuivi pour crimes contre l'Humanité par l'Audience nationale (plus haute juridiction en Espagne), qualifie de "comédie" le scrutin législatif du 7 octobre prochain!

 

Au fait, ce n'est pas tant ce scrutin que l'enjeu politique de cette échéance qui semble préoccuper outre mesure la direction du front. Le front est de plus en plus inquiet quant à la participation massive de la population des provinces du sud marocain aux échéances électorales.

 

Lors des élections communales et régionales du 4 septembre 2015, le taux de participation des habitants du Sahara marocain a frôlé les 62%, de loin le taux le plus élevé enregistré à travers l'ensemble du royaume. Ce qui dénote une adhésion franche et massive de la population du sud marocain au processus démocratique institué par le royaume et, par ricochet, un cinglant camouflet à la thèse séparatiste prônée par les dirigeants polisariens, et leurs mentors algériens, qui ont battu des records de longévité à la tête du pouvoir.

 

Est-il besoin de rappeler que, dans le cas de l'inénarrable "démocratie algérienne", le président Abdelaziz Bouteflika s'est autorisé un quatrième mandat en mars 2014, alors que ni la Constitution ni son état de santé (diagnostiqué d'un fâcheux accident vasculaire cérébral en 2013), ne lui permettaient de rempiler pour ce quatrième mandat. Idem pour feu Mohamed Abdelaziz, qui a passé plus de quarante ans à la tête du Polisario et ne s'en est départi qu' au prix d'un cancer qui l'a emporté le 31 mai dernier dans une clinique de Rochester, aux Etats-Unis.

 

La participation massive de la population du sud marocain aux échéances législatives dérange ainsi au plus haut point les apparatchiks algéro-polisariens; la portée politique de ces échances est telle qu'elle traduit, de manière qui ne laisse pas de place au doute, l'inscription de facto de la population du sud marocain, -deux tiers des sahraouis-, dans le processus politique de son pays. Cette participation constitue à elle seule une forme d'autodétermination. Le "référendum" prôné par la partie adverse n'a plus de sens dès lors que cette population majoritaire fait déjà le choix de l'union dans un pays qui, de l'aveu de la communauté internationale, passe pour un modèle régional en matière de démocratie et de développement.

13/09/2016