Le «médiateur» onusien Christopher Ross trouverait des «difficultés» à reprendre le contact avec les autorités marocaines. Et il le fait savoir par la voix du représentant du Polisario auprès de l’ONU.

L’Envoyé personnel du SG de l’ONU pour le Sahara, Christopher Ross, s’ennuie à mort. Las, il veut se rappeler à notre triste souvenir en mandatant le représentant du Polisario auprès de l’ONU, Ahmed Boukhari, pour marquer sa volonté de reprendre du service. «L’émissaire du SG de l’ONU pour le Sahara trouve des difficultés à renouer contact avec le Maroc en vue de la reprise des négociations», fait-il savoir, par la voix d’Ahmed Boukhari.

Décryptons: Christopher Ross, ancien ambassadeur de Washington à Alger, se trouve dans l’obligation de justifier son salaire. A défaut d’une véritable vision, pour ne pas parler de cette crédibilité qu’il a battue en brèche dès lors qu’il s’est rangé du côté d’Alger et du Polisario, il en est réduit à se tourner les pouces. Une hibernation qui n’aura que trop duré, mais qu’il n’a pas, sinon l’audace, du moins l’honnêteté d’assumer pour sauver la face.

Parlons clair : le vrai-faux médiateur onusien aurait dû simplement reconnaître son échec et démissionner. A l’instar d’ailleurs de son prédécesseur, le diplomate hollandais Peter van Walsum qui, concluant à l’impossibilité de la poursuite des pourparlers de Manhasset, en raison de la thèse indépendantiste prônée par la partie adverse, qu’il a jugée «irréaliste» et «irréalisable», a rendu le tablier un an (bien 1 an) après sa nomination en tant que premier émissaire du SG de l’ONU pour le Sahara.

Un pas que son successeur, Christopher Ross, n’a pas eu le courage de franchir. Et c’est tout à son déshonneur quand on sait qu’il a été désavoué depuis 2013 par Rabat et ce, au moins pour deux raisons objectives. L’ancien ambassadeur US à Alger a démontré, dès sa nomination en 2009, sa partialité dans le conflit saharien en acceptant de cautionner la revendication algéro-séparatiste d’élargir le mandat de la MINURSO au monitoring des Droits de l’Homme au Sahara. Une manœuvre d’autant plus dangereuse que son objectif réel n’était pas tant les Droits de l’Homme au Sahara qui, on ne le soulignera jamais assez, sont de loin meilleures qu’à Tindouf, pour ne pas citer Alger qui, sur ce registre précis, est passée championne toutes catégories.

Pas besoin d’égrener, ici, les glorieux records accumulés par le voisin de l’est, pas plus d’ailleurs que Tindouf, dernier vestige de la tristement célèbre époque stalinienne. Il faut être un vrai Tartuffe pour croire qu’Alger et le Polisario se battent pour ce beau «droit du peuple sahraoui à l’autodétermination»!

Mais passons, car la question est ailleurs. Christopher Ross a-t-il fait quelque chose pour la facilitation des négociations pour prétendre aujourd’hui vouloir voir les reprendre ? Etrangement, l’expression de cette volonté intervient alors que le mandat de ce soi-disant médiateur, autant que celui de Ban Ki-moon, tire à sa fin (décembre 2016). Qu’a-t-il apporté à ce processus en dehors de ces inénarrables réunions informelles ou, encore, ces inutiles pérégrinations maghrébines ?

Rien, mais alors rien! Et comme la nature a horreur du vide, il échoit à monsieur Christopher Ross de faire son mea culpa et de démissionner.

28/07/2016